Marie Dancer, sur le site de La Croix
L’investissement dans l’Europe de la défense suscite le débat dans le monde de la finance durable, réticent vis-à-vis de l’armement. Aujourd’hui, certains acteurs veulent croire à un modèle responsable.
Trois ans déjà que la guerre a fait son retour en Europe. Et plusieurs semaines que le désengagement militaire américain vis-à-vis du Vieux Continent inquiète, dans un monde marqué par la montée des régimes autoritaires et belliqueux… La nouvelle équation géopolitique soulève de lourdes questions. Parmi elles, celle d’une reprise massive de l’investissement européen dans la défense. C’est dans ce contexte qu’une petite musique se diffuse depuis le début d’année, jusqu’à être reprise par plusieurs ministres à Bercy : la finance responsable, qui oriente les capitaux vers des activités à impact positif sur les plans environnemental et social (via les critères ESG pour « environnement », « social » et « gouvernance »), aurait freiné le financement de la défense ces dernières années en Europe.
L’investissement dans l’armement fait en effet débat et divise, dans les cercles financiers comme chez les catholiques (lire La Croix du 27 mars). Pour comprendre, il faut remonter au début du XXe siècle. Les premières doctrines d’investissement responsable sont alors fortement inspirées des congrégations religieuses qui excluent par principe certains secteurs jugés controversés comme la pornographie, l’alcool, le tabac mais aussi l’armement.
