Une invitation à déployer notre foi

19è D TO C — (Lc 12,32- 48)

Attachons-nous ce dimanche à méditer ce passage de la Lettre aux Hébreux qui nous est offert en seconde lecture : « quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi » (He 11,2). S’ensuite une fresque qui fait défiler devant nos yeux nos grands aînés de l’Ancien Testament : Abel, Hénoch, Noé, Abraham, Sara, Isaac… Ce don de la foi qui leur a fait attendre la réalisation des promesses (v.13), nous l’avons reçu nous aussi, et c’est une grande richesse que les extraits bibliques de ce dimanche nous invitent à inventorier.

La foi : connaître des réalités qu’on ne voit pas

« La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (He 11,1, 2è L). La foi est un mode de connaissance pour approcher des réalités invisibles, un peu comme les puissants télescopes qui nous permettent de découvrir actuellement de nouvelles beautés dans la création. « Cette connaissance est dans l’entendement qui est l’œil de l’âme éclairée par moi. La pupille de l’œil de l’âme est la foi, dont la lumière fait discerner, connaître et suivre la voie et la doctrine de ma vérité » dit Jésus à Catherine de Sienne (Dial., 46). Et si Dieu permet que nous connaissions, c’est aussi pour que nous prenions possession de cet héritage.

La foi : se réjouir à l’avance du contenu des promesses divines

« La nuit de la délivrance pascale avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie ». (Sg 18,6, 1è L). La foi comporte une dimension intérieure essentielle : celle du tressaillement d’allégresse. Nous nous réjouissons de l’accomplissement des promesses de Dieu, car nous les considérons comme assurées, comme vraies. La joie de connaître et de recevoir la lumière sur les choses à venir. Le chrétien a un temps d’avance : le chemin qui mène au Père du ciel a été tracé par Jésus son Fils.

La foi : veiller avec patience

Confrontée au temps qui dure, garder une foi vivante nécessite de mettre en œuvre la maîtrise des passions (les « la ceinture autour des reins ») et la prière continuelle (les « lampes allumées »). Saint Paul, dans sa lettre à Tite exprime combien il est ébloui par la grâce de Dieu qui « s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ » (Tt 2,11-13). C’est ce même appel à la constance dans l’espérance qui nous est adressé par Jésus à travers cette béatitude : « Bienheureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour » (Lc 12,37).

La foi : une source de bonheur

Cette attitude-là : allumer la lampe, travailler en veillant, œuvrer en priant, assure ici-bas notre joie, la joie du fond de l’être, que Jésus décrit dans cette béatitude des hommes et des femmes tout à leur service et tout éveillés dans la foi, bonheur que le Christ nous donnera en récompense quand il viendra nous prendre près de lui et qu’il nous servira à sa table. Mais à chaque Eucharistie déjà, il vient parmi nous, et il nous apporte, « rien que pour aujourd’hui », un acompte de joie, un début de béatitude. Il nous sert à la table de l’Église ; déjà il nous nourrit de sa Parole et de son Corps, pour que nous vivions heureux.

La foi : précipiter la venue du Jour de Dieu

Pierre le dit aux chrétiens de Turquie : « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent, mais que tous parviennent à la conversion » (2 P 3,9). La foi, parce qu’elle attend, appelle, désire, attire avec ardeur l’accomplissement de la volonté divine. Pierre le dit ainsi : « Vous qui attendez et qui hâtez (précipitezChouraqui)la venue du jour de Dieu » (2 P 3,12). Il est de notre responsabilité de « précipiter » l’avènement du règne de Dieu ! La prière du Notre Père prend ici un relief singulier : « Que ton règne vienne, fais venir ton Règne ! » Il viendra d’autant plus vite que nous y croirons et nous y engagerons nos vies.

La foi : proclamer notre Amen avec vigueur

En hébreu, le mot « croire » se dit « Aman » (d’où vient notre mot « Amen ») ; ce mot implique la solidité, la fermeté ; croire, c’est « tenir fermement », faire confiance jusqu’au bout, même dans le doute, le découragement ou l’angoisse. Car nous disons notre Oui, notre Amen, adossé à celui de Jésus dans sa fidélité au Père jusqu’à la Croix. « Toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons à Dieu notre « amen », notre « oui », pour sa gloire » (2 Co 1,20).

« Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume »