Notre sainteté aujourd’hui a pour nom : confiance

Heureux les attentifs, ils ne tomberont pas dans les pièges qui, leurs sont tendus.

Le piège de la peur ; en demeurant réalistes sur le fait que nous allons casser nos sociétés, et que rien ne sera plus comme avant. Il ne sert strictement à rien d’avoir peur, ce qui serait le signe que nous pleurons sur nous-mêmes.

Le piège de l’intoxication par les médias : en nous enfonçant dans une période marquée par la violence et la mort, il nous faut vivre une véritable ascèse de ce point de vue.

Le piège des mensonges et des fausses nouvelles d’une pensée unique formatée : nous sommes affrontés à beaucoup de mensonges partout. Il nous faut demander à l’Esprit Saint, qui est Esprit de Vérité, de nous éclairer et de nous conduire.

Le piège du repli sur soi : en étant attentifs à ceux qui nous entourent ; la gentillesse1 et l’attention sont de profondes marques d’amour, constructives ; le secours aussi chaque fois que nécessaire

Le piège du laisser-aller : en cherchant à vivre les exigences ordinaires du quotidien avec sérieux ; c’est dans notre devoir d’état que le Seigneur nous rencontre, et que la sainteté se construit.

Nous avons cette richesse inouïe de pouvoir nous accrocher chaque jour au Seigneur. Prions. Laissons-le piloter nos vies. Tout demeure sous contrôle. C’est pourquoi notre sainteté aujourd’hui a pour nom : confiance.

Le piège de la morosité. Alors qu’on retourne dans tous les sens cette question depuis des années : « Comment évangéliser ? », voici que s’ouvre devant nous une voie royale, celle de la contagion2. Celle d’irradier la sérénité d’une vie déposée dans le cœur de Dieu. Celle de donner envie à ceux qui nous entourent de se tourner vers lui.

« Ainsi parle Yahvé Sabaot. En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un Juif par le pan de son vêtement en disant : Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. » (Za 8, 23).

D. Auzenet, Toussaint 2020.

1Emmanuel Jaffelin, Éloge de la gentillsesse, Pocket, 2016. 6,95 € , pas cher pour de la gentillesse !

2Cardinal Jean-Pierre Ricard, Homélie « On demande des chrétiens contagieux », 22 nov. 2014.

Paroles du pape François avant l’angélus

Chers frères et sœurs, bonjour!

En cette fête solennelle de Tous les Saints, l’Église nous invite à réfléchir sur la grande espérance, la grande espérance qui est fondée sur la résurrection du Christ. Et nous aussi nous serons avec lui, comme Lui. Les saints et les bienheureux sont les témoins les plus autorisés de l’espérance chrétienne, parce qu’ils l’ont vécue en plénitude dans leur existence, au milieu des joies et des souffrances, en mettant en œuvre les Béatitudes que Jésus a prêchées et qui résonnent aujourd’hui dans la liturgie (cf. Mt 5, 1-12a). En effet, les Béatitudes évangéliques sont le chemin de la sainteté. Je m’attarde maintenant sur deux béatitudes, la deuxième et la troisième.

Voici la seconde: « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (v. 4). Ces paroles semblent contradictoires, car pleurer ce n’est pas un signe de joie ni de bonheur. Les raisons de pleurer et de souffrir ce sont la mort, la maladie, les adversités morales, le péché et les erreurs : tout simplement la vie quotidienne, fragile, faible et marquée par des difficultés. Une vie parfois blessée et éprouvée par des ingratitudes et des incompréhensions. Jésus proclame bienheureux ceux qui pleurent en raison de ces réalités et qui, malgré tout, se confient au Seigneur et se placent sous son ombre. Ils ne sont pas indifférents et ils n’endurcissent pas non plus leur cœur dans la douleur, mais ils espèrent avec patience la consolation de Dieu. Et cette consolation ils en font déjà l’expérience en cette vie.

Dans la troisième Béatitude, Jésus dit: « Heureux les doux, car ils hériteront de la terre » (v.5). Frères et soeurs, la douceur! La douceur est caractéristique de Jésus, qui dit de lui-même: «Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Les doux ce sont ceux qui savent se dominer, qui font de l’espace à l’autre, qui l’écoutent et le respectent dans son mode de vie, dans ses besoins et dans ses demandes. Ils n’ont pas l’intention l’écraser ou de le diminuer, ils ne veulent pas tout surveiller ni tout dominer, ni imposer leurs idées ni leurs intérêts au détriment des autres. Ces personnes, que la mentalité mondaine n’apprécie pas, sont au contraire précieuses aux yeux de Dieu, qui leur donne la terre promise en héritage, c’est-à-dire la vie éternelle. Cette béatitude aussi commence ici-bas et s’accomplira au Ciel, dans le Christ. La douceur. En ce moment de la vie – y compris mondiale –  où il y a tant d’agressivité…, et aussi dans la vie de tous les jours,  la première chose qui sort de nous, c’est l’agression, la défense… Nous avons besoin de douceur pour avancer sur le chemin de la sainteté. Ecouter, respecter, ne  pas rabaisser, ne pas agresser: douceur.

Chers frères et sœurs, choisir la pureté, la douceur et la miséricorde; choisir de faire confiance au Seigneur dans la pauvreté en esprit et dans l’affliction; s’engager pour la justice et pour la paix, tout cela signifie aller à contre-courant de la mentalité de ce monde, de la culture de la possession, du divertissement insensé, de l’arrogance envers les plus faibles. Ce chemin évangélique a été le chemin suivi par les saints et par les bienheureux. La solennité d’aujourd’hui, qui célèbre tous les saints, nous rappelle la vocation personnelle et universelle à la sainteté, et elle nous offre des modèles sûrs pour ce chemin, que chacun parcourt de façon unique, de façon non reproductible, selon la «fantaisie» de l’Esprit Saint. Il suffit de penser à l’inépuisable variété de dons et d’histoires concrètes qu’il y a parmi les saints et les saintes: ils ne sont pas pareils, chacun a sa personnalité et a développé sa vie dans la sainteté selon sa personnalité. Chacun de nous peut le faire, marcher dans cette voie. Douceur, douceur, s’il vous plaît et nous irons à la sainteté.

Cette immense famille de fidèles disciples du Christ a une Mère, la Vierge Marie. Nous la vénérons sous le vocable de Reine de tous les Saints, mais elle est avant tout la Mère, qui enseigne à chacun comment accueillir et comment suivre son Fils. Qu’elle nous aide à nourrir notre désir de sainteté en marchant sur le chemin des Béatitudes.

(c) Traduction de Zenit, Anita Bourdin