La fête de l’Amour trinitaire

(Trinité A — Jn 3,16-18) — Écouter l’homélie

C’est à la Pentecôte qu’on retire le cierge pascal, pour signifier que cette fête clôture le temps de Pâques dont elle fait partie. Elle en est le sceau : le don du Saint-Esprit aux disciples les marque d’un sceau, intériorise en eux le Mystère de mort et de résurrection du Christ dont ils ont été les témoins, mais que jusque-là ils étaient incapables d’annoncer, tétanisés par une peur, bien légitime à vue humaine.

Pas de fête du Saint-Esprit, ni du Père, dans la liturgie

La Pentecôte, célébrée dimanche dernier, n’est pas la fête de l’Esprit Saint comme on l’entend parfois. Il n’y a d’ailleurs pas plus de fête du Saint-Esprit que de fête du Père dans la liturgie chrétienne. Toutes nos grandes fêtes actualisent le Mystère du Christ, sa naissance, sa présentation, sa mort, sa résurrection, son ascension, le don de son Esprit (actualisent, c’est-à-dire qu’elles le rendent présent dans la liturgie).

Toutes les grandes prières « consécratoires » de la liturgie font mémoire des hauts faits de Dieu dans l’Ancien Testament, de leur accomplissement dans la Pâque du Christ et demandent au Père d’envoyer l’Esprit du Ressuscité pour actualiser le mystère dans l’aujourd’hui de la liturgie.

Mais la fête d’un Dieu qui marche avec nous

Dieu passe devant Moïse en proclamant : « Le Seigneur, Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (1è L., Ex 34,6-7).Alors Moïse se prosterne devant Dieu et demande : « Si j’ai trouvé grâce…, daigne marcher au milieu de nous ». (Ex 34, 8). Cette demande exprime le désir que chaque homme a dans son cœur, un Dieu avec nous ». Moïse ne s’attendait peut-être pas à ce qu’un jour Dieu marche en chair et en os au milieu de son peuple, il n’aurait même jamais imaginé que Dieu se ferait chair. Mais il l’a fait. Et non pas pour condamner le monde désobéissant, mais pour le sauver une fois pour toutes.

Un Dieu Père, révélé par son Fils

Avant de mourir et de ressusciter, Jésus exprime ainsi la conscience qu’il a d’avoir accompli sa mission : « J’ai manifesté ton Nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde » (Jn 17,6). Ce Nom, c’est celui de Père, « tendre et miséricordieux, … plein d’amour et de vérité ». Et Jésus a prié pour que les disciples tout au long de l’histoire soient fidèles à cette révélation de DieuPère Père, un Père qui engendre des fils dans son propre Fils. C’est dire l’enjeu de cette révélation suprême.

Un Dieu Père qui envoie l’Esprit à la demande du Fils

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous … Je ne vous laisserai pas orphelins  » (Jn 14,16-18). Ainsi s’est exprimé Jésus dans ses paroles d’adieu. La mission du Saint Esprit n’est pas un acte privé et personnel de sa part. Mais une œuvre commune du Père et du Fils, le Fils suppliant le Père qui envoie l’Esprit. Aussi pouvons-nous dire avec le Concile de Nicée-Constantinople : « Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils ; avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ».

Un Dieu qui respecte notre liberté

Au nom du Père et dans l’Esprit, la mission du Fils est de sauver et non de juger ou de perdre. Et l’évangéliste souligne l’importance décisive de notre responsabilité : « Celui qui ne croit pas est déjà jugé ». Pour être sauvé, il ne s’agit ni d’efforts ni de mérites : il s’agit de croire ! La seule condition pour être sauvé est de croire « au nom du Fils unique de Dieu ». Cet acte de foi nous fait « échapper au Jugement », à l’état de mort spirituelle. Conséquence du péché originel, elle nous mènerait à la « seconde mort » (Ap 20,6). Comme il est important, au long de nos journées de poser des actes de foi. « Oui, Seigneur je crois ! » Mais aussi de partager cette bonne nouvelle autour de nous : Dieu nous aime, il nous tend la main, il nous donne la Vie !

Ce Dieu Un et Trine est si proche qu'il s'est fait pour nous Pain rompu (dimanche prochain), pain de la route vers le ciel. Un don qui révèle le Sacré-Cœur de Jésus (le vendredi suivant). Cette fête de la Sainte Trinité nous engage à « marcher avec » les autres, à nous faire proches d’eux. « Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix » (2 Co 13).