Comment évangéliser les musulmans et accueillir les catholiques venus de l’islam ?

Avec Djamila Marie, ex-musulmane convertie au christianisme, fondatrice de l’association Lève-toi et marche, partenaire de la Mission Ismérie, responsable évangélisation et catéchuménat à la paroisse Saint-François d’Assise (Paris XIXe). Auteur de Musulmane, Jésus m’a libérée (Artège)

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, la colombe du saint Esprit crée une petite embellie sur les statistiques de l’Eglise catholique en France, avec plus de 10 000 adultes qui se feront baptiser à Pâques, soit quasiment le double que l’an dernier. Malgré un recul global de la pratique observé depuis des décennies et la lourde séquence médiatique sur les abus, les 15-25 ans répondent à l’appel, de surcroît de manière décomplexée. Une partie est issue de l’islam.

Djamila Marie est algérienne, elle s’est convertie il y a 17 ans, au fil d’un parcours familial compliqué qui l’avait amenée à devoir épouser un proche des Frères musulmans qui lui a pris ses enfants. Son père lui avait dit que si elle épousait un chrétien, il l’égorgerait. Elle vivait à Massy dans l’Essonne.C’est là qu’elle a été baptisée. Aujourd’hui, elle s’occupe de l’évangélisation et du catéchuménat à la paroisse Saint-François d’Assise (Paris XIXe), où sur 9 futurs baptisés, 5 étaient musulmans. Djamila Marie a raconté son parcours de vie dans Musulmane, Jésus m’a libérée (Artège).

Avec son association, partenaire de la mission Ismérie, elle fait de l’évangélisation de rue. Djamila Marie estime que les catholiques ont le devoir de sortir d’eux-mêmes, de vaincre leur peur et d’aller parler du bon dieu aux musulmans qui, selon elle, « vivent en esclavage et qu’il faut libérer de leur religion ». Nul besoin pour les catholiques de se faire missionnaire au bout du monde, comme autrefois, puisque ces nouvelles populations se trouvent désormais sur notre sol. L’évangélisation de rue se révèle fort efficace.

Les réactions d’hostilité sont rarissimes : « L’amour parle à tout le monde, c’est un langage universel », précise Djamila Marie. Le dialogue interculturel ou diplomatique avec le monde islamique ne doit pas inhiber l’institution ecclésiale. Ce qui prime, c’est que la parole du Bon Dieu se répande. Celle-ci, par capillarité, libère les âmes et, au bout du compte, délivre la société tout entière. Djamila Marie n’est pas en rupture avec sa famille. Ses parents sont même allés à Lourdes…

« Je suis Algérienne et j’annonce le Christ ». Djamila, est née le 28 mars 1965 à Tlemcen en Algérie. Élevée dans la religion musulmane, elle sera baptisée le 22 mars 2008 en France, dans l’église catholique de Massy, en Essonne. Elle est ce que certains appellent une apostate.

Ce livre est son témoignage. Elle raconte son histoire de foi mais aussi d’errements, de doutes, d’incompréhensions, de renoncements, de cheminement.

Une histoire qui ressemble à une quête, longue, parfois désespérée. Un exil géographique, plusieurs mariages, des enfants de différents lits, des séparations douloureuses mais, de ce chemin chaotique, est venue la Lumière.

« Quand on a eu la chance de rencontrer le Christ, quand on a reçu ce cadeau de Dieu, c’est tout naturellement qu’on veut l’offrir à ceux qu’on aime. À mon tour de donner gratuitement ce qu’il m’a donné. J’ai compris une chose essentielle : laisser Dieu diriger nos vies, c’est être sûr d’arriver à bon port. Je vous convie à ce voyage. »

Née en Algérie dans une famille musulmane pratiquante, Djamila Djelloul quitte très jeune son pays pour la France. À14 ans, avec sa famille, elle déménage en Haute-Marne puis en Bretagne et gagne Paris pour travailler. Fuyant un père violent, rejetée par un mari fondamentaliste, elle s’interroge sur sa foi musulmane, le Coran, Dieu et finit par ouvrir une Bible et rencontrer le Christ.