7è D TP C — (Ap 22, 12-14.16-17.20)
Avec les récits de l’Ascension proclamés ces jours derniers, nous entendions : « il se sépara d’eux », « une nuée vint le soustraire à leurs yeux », « il fut emporté au ciel »… C’est tout juste si les anges ne reprochaient pas aux disciples de rester « à regarder vers le ciel », ajoutant cependant : « il viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». Aujourd’hui, la finale du livre de l’Apocalypse envisage l’accomplissement de l’histoire humaine, et nous recevons le témoignage de l’écoute du prophète sur la venue glorieuse de Jésus… Retenons-en trois aspects :
Le Temps est proche de la rétribution
« Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait »(v. 12). Dans ce chapitre final, Jésus annonce à trois reprises sa venue rapide, son retour proche (vv. 7, 12, 201). Nous qui vivons péniblement la temporalité en égrenant les années et les siècles sommes incrédules devant cette « promptitude » assumée ! Même s’il est possible qu’elle soit une marque du style apocalyptique, elle correspond pourtant bien à notre culture actuelle de l’immédiateté.
Jésus, qui vient en Juge, parle du salaire, de la rétribution (cf. Mt 16, 27, à chacun selon sa conduite). Paul, en 1 Co 3, 13-15, affirme de son côté : « l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière. En effet, le jour du jugement le manifestera, car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun. Si quelqu’un a construit un ouvrage qui résiste, il recevra un salaire ; si l’ouvrage est entièrement brûlé, il en subira le préjudice. Lui-même sera sauvé, mais comme au travers du feu ».
Les portes de la Jérusalem céleste vont s’ouvrir
Un double appel d’exhortation et d’avertissement 2 : « Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville. Dehors les chiens, les sorciers, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres, et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ! »(v. 14-15).La venue glorieuse du Christ ouvre les portesde la Jérusalem céleste ; mais ce qui n’est pas de Dieu ou refuse d’y être placé ne vit éternellement que la mort, la seconde mort. C’est dire l’importance et la valeur de l’instant présent pour une construction « durable ».
Exhortation : ceux qui pénètrent dans la Jérusalem nouvelle devront avoir blanchi leur robe dans le sang de l’Agneau (7, 14), avoir vécu une vie marquée par la fidélité à la croix de Jésus, et donc ouverte aussi à la puissance de sa Résurrection. Avertissement : ceux qui resteront en dehors sont ceux qui aiment et pratiquent le mensonge par une perversité volontaire. Ce verset, qui a été coupé dans la traduction liturgique, est une apostrophe d’avertissement plutôt qu’une liste des candidats à l’enfer !
L’Esprit Saint présent au cœur de l’Église appelle la Venue glorieuse
« L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement »(v. 17). L’Église doit veiller, car le Temps est proche… Et c’est l’Esprit Saint lui-même, présent au cœur de l’Église, qui appelle la Venue glorieuse de Jésus… Depuis l’Ascension de Jésus, au sein du monde ravagé par le péché, un appel imperceptible retentit sans cesse : c’est celui de l’Esprit, présent au cœur de l’Épouse, qui appelle l’accomplissement de la rédemption du monde, la venue du Ressuscité : Viens !
De même que trois mages sont venus jusqu’à la crèche, nous sommes invités à cultiver l’une de ces trois attitudes à la rencontre du Christ glorieux qui vient :
- l’attitude des combattants de la prière (ceux qui écoutent, les contemplatifs),
- l’attitude des chercheurs de sens (ceux qui sont assoiffés et qui cherchent dans tous les sens),
- l’attitude des épris d’absolu (ceux qui désirent rien moins que Dieu, qu’on taxerait d’idéalisme)…
Seule la Venue glorieuse de Jésus pourra combler toutes ces faims et soifs humaines et spirituelles que Dieu a mises en nos cœurs. Nous disons sans cesse dans la prière du Notre Père : « fais venir ton Règne ! » Eh bien, c’est une façon de joindre notre prière à celle de l’Esprit : Viens !
« Oui, je viens sans tarder. » — Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
1Ce qui forme un septénaire d’annonces avec 1, 7; 2, 16; 3, 11; 16, 1.
2C’est le troisième après 21, 6-8 et 21, 24-27.
