L’abbé Maurice Rondeau est l’un des 50 martyrs nouvellement béatifiés à Notre-Dame de Paris

Sur le site Radio Notre-Dame

Un an après la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, la béatification de 50 martyrs du nazisme a été célébrée. Parmi eux, l’abbé Maurice Rondeau. Marie-Laure Gordien, vierge consacrée du diocèse de Meaux, a écrit un livre sur ce prêtre martyr avec l’aide de Timothée Croux, séminariste du même diocèse. Retraçant la vie du jeune prêtre, cet ouvrage présente Maurice Rondeau comme un « témoin ardent du Christ pour ses compatriotes ». 

Jour de fête à la cathédrale de Paris, le samedi 13 décembre. 2500 personnes, principalement les familles des béatifiés, sont présentes. La messe est présidée par le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg. Dans son homélie, il rappelle que « nos martyrs sont porteurs d’un message qui ne peut vieillir : l’amour ne passera jamais ! » 

La vie de Maurice Rondeau

Le père Maurice Rondeau est une figure connue en Seine-et-Marne. A Bussy-Saint-Georges, un collège et un lycée portent même son nom. Ordonné prêtre le 29 juin 1936 après des études à l’Institut Catholique de Paris et au séminaire d’Issy-les-Moulineaux, l’éducation des jeunes forme le cœur de son ministère sacerdotal. 
Maurice Rondeau se distingue par son dévouement. Il quitte volontairement son statut de prisonnier de guerre pour travailler de manière clandestine avec la jeunesse française soumise au service du travail obligatoire (STO) en Allemagne. Cette action courageuse, en réponse à un appel à aider les jeunes sans aumônerie officielle, témoigne de sa détermination à vivre sa foi envers et contre tout. Marie-Laure Gordien insiste, Maurice Rondeau choisit d’entrer dans la clandestinité « en toute liberté » pour « apporter le Christ aux ouvriers ». Il meurt en mai 1945, épuisé et grandement affaibli par une longue marche, suite à l’évacuation du camp de Buchenwald.

Des archives à enrichir

L’abbé Maurice Rondeau a laissé derrière lui une quantité importante d’écrits, notamment des lettres et des carnets spirituels. Le contenu des archives est primordial pour débuter un processus de béatification. Dans le cas d’un martyr, c’est encore plus spécifique. Pour qu’une personne soit déclarée martyre, des témoignages authentifiant les circonstances de son décès sont nécessaires. « Nous devions être certains que le père Maurice Rondeau a bien été arrêté puis mort en raison de son apostolat en Allemagne », explicite Marie-Laure Gordien. Elle espère que sa béatification permettra à de nouvelles personnes de « prendre contact avec le diocèse de Meaux pour continuer d’enrichir le dossier » du nouveau bienheureux. 
Le 14 avril 1940, Maurice Rondeau écrit à Jean, un de ses anciens élèves du petit séminaire de Meaux. Dans sa lettre, il évoque la ferveur avec laquelle il célèbre la messe lorsqu’il le peut. 

Noyé aujourd’hui dans les quelques millions d’hommes qui défendent la patrie, mon sacerdoce est désormais orienté vers le petit groupe de soldats qui m’entoure. Surtout, vers l’offrande du sacrifice de la messe, dont l’offertoire sera peut-être bientôt une réalité sanglante. 

Deux autres jeunes hommes du diocèse de Meaux, René Boitier et René Rouzé, ont été béatifiés en même temps que l’abbé Maurice Rondeau. Le dimanche 3 mai 2026 à 15H30, une messe d’action de grâce sera célébrée pour eux à la cathédrale Saint-Etienne de Meaux.