Message de Léon XIV pour la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création
1er sept. 2026. Extraits.
Aujourd’hui, nous sommes témoins de nombreuses crises et de grandes souffrances humaines. Dans le même temps, il semble que la perturbation de l’équilibre harmonieux de la création s’accélère. Ces phénomènes ne sont pas sans rapport les uns avec les autres ; ils constituent un seul et même appel à la guérison et à la paix qui jaillit d’un monde meurtri.
Le Dieu de la vie, révélé en Jésus-Christ, offre une paix que le monde ne peut donner: « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). Cette paix n’est ni superficielle ni éphémère ; elle découle de l’amour éternel du Christ et de son souci pour chaque être humain.
La guerre
La guerre laisse des blessures qui s’étendent bien au-delà du champ de bataille. Elle fait des victimes, déchire les familles et contraint des millions de personnes à fuir leur foyer, aggravant ainsi la peur, l’injustice et la division (cf. Gaudium et Spes, nn. 77-82).
La guerre laisse également derrière elle une destruction sociale et écologique qui perdure pendant des générations. De plus, l’interaction entre les conflits armés et la dégradation de l’environnement crée souvent un cercle vicieux qui détruit les écosystèmes, contamine des ressources essentielles telles que l’air et l’eau, et sape la sécurité alimentaire. Cela favorise la pauvreté, les inégalités et de nouvelles tensions sociales susceptibles de contribuer à l’émergence de nouveaux conflits.
De plus, la guerre inflige des blessures qui endommagent le tissu même de la vie, portant atteinte non seulement aux personnes et aux communautés, mais aussi à leur réseau plus large de relations avec l’ensemble de la famille humaine, ainsi qu’à leur harmonie avec la création.
Elle révèle un échec plus profond à vivre à l’image et à la ressemblance de Dieu, à respecter la vie et à prendre soin de la terre qui nous a été confiée. Il ne s’agit pas seulement d’un échec politique, mais aussi d’un échec moral et spirituel. Enracinée dans des désirs déformés et dans l’usage abusif de la liberté et du pouvoir humains, la guerre constitue un contre-témoignage à l’Évangile de la paix.
La conversion du coeur
Les discordes que nous observons dans le monde, telles que la violence, l’injustice et la dégradation écologique, ne sont pas simplement le résultat de systèmes ou de structures défaillants ; elles sont un « symptôme de la dichotomie plus profonde qui est enracinée dans l’humanité
elle-même » (cf. Gaudium et Spes, n. 10). En effet, le cœur humain est le lieu où se déroulent les luttes les plus profondes et où se révèle notre condition déchue.
Les blessures de la guerre et la dégradation de la terre sont donc profondément liées à l’état du cœur humain. Les conflits qui tourmentent l’humanité sont, à bien des égards, l’expression extérieure d’une discorde et d’une division intérieures. Lorsque le cœur est déformé, les relations en souffrent, et les structures que nous construisons commencent à refléter ce désordre.
Pour construire une société pacifique, nous devons donc non seulement réformer les structures, mais aussi renouveler nos cœurs. Les causes profondes des conflits et de l’exploitation de la création trouvent leur origine dans une crise éthique et culturelle, qui se caractérise notamment par la perte du sens des limites, le désir de domination, la recherche du profit immédiat et l’incapacité à reconnaître la dignité donnée par Dieu à chaque personne humaine.
Sans cette transformation intérieure, la paix restera fragile et éphémère. Mais là où les cœurs se renouvellent, de nouvelles possibilités s’ouvrent. La paix commence donc dans le cœur et rayonne ensuite vers nos relations, nos communautés et le monde tout entier.
Au lieu des armes de guerre, le Dieu de la paix nous accorde la force de guérir, de réconcilier et de bâtir une civilisation de l’amour. Ainsi, nous sommes appelés à préserver les nombreux « écosystèmes » qui nous sont confiés : le: écosystèmes de la création, des relations humaines et du cœur humain lui-même.
Les véritables outils pour construire la paix ne sont pas les armes de destruction, mais plutôt la vérité, le dialogue, la patience, la bonté, la justice, la miséricorde, la compréhension, la bienveillance et l’amour. Celles-ci jaillissent des cœurs façonnés par l’Évangile et soutenus par la grâce de Dieu.
Nous sommes appelés à laisser nos cœurs se renouveler, afin de rechercher la paix et de prendre soin de la création. Les Écritures nous invitent à veiller sur nos cœurs, car tout ce que nous faisons en découle (cf. Pr 4, 23).
