Réveillez-vous !

1er D Avent A — (Mt 24, 37-44)

Ouverture du temps de l’Avent. Premier électrochoc pour nous préparer à célébrer la nativité, ou plutôt à accueillir Jésus qui vient.

Se mettre en route

On entend bien résonner l’invitation du prophète : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur… Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur » (Is 2, 1-5). Un appel que le prophète adresse à toutes les nations pour qu’elles viennent à Sion s’abreuver de la Parole du Seigneur : « Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers ». Cet appel à nous mettre en route, nous pouvons le faire nôtre en entrant dans ce temps de l’Avent. Le temps des « derniers jours » nous est présenté comme le temps attendu de la paix – « ils n’apprendront plus la guerre ». Cette dynamique est reprise par la méditation d’un psaume des montées : « Quelle joie quand on m’a dit : ‘Nous irons à la maison du Seigneur !’ » avec une triple proclamation de paix sur la ville sainte : « Appelez le bonheur sur Jérusalem : ‘Paix à ceux qui t’aiment !’ ».

Sortir du sommeil et s’habiller

Nous sommes invités à sortir de la torpeur de la routine. «C’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil » écrit Paul aux Romains, nous entraînant dans un dynamisme de conversion « rejetons les oeuvres des ténèbres », ou encore « conduisons-nous honnêtement ». Lorsqu’on se lève, on s’habille, et c’est pourquoi Paul conseille par deux fois : « revêtons-nous des armes de la lumière », « revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ ». Cela rejoint les béatitudes de l’Apocalypse : « Heureux celui qui est éveillé, et qui garde ses vêtements, pour ne pas marcher nu, et qu’on ne voie pas sa honte  ! » (Ap 16,15). Heureux celui qui demeure dans l’état de créature renouvelée par le baptême. Un appel à se réveiller pour accueillir le Christ qui vient.

Écouter l’homélie

Sortir de l’insouciance et adopter la vigilance

L’évangile cible la venue de Jésus non pas dans son incarnation (Noël), mais dans sa Venue glorieuse. C’est une parabole sur les jours de Noé et le voleur dans la nuit, une parabole issue d’un ensemble de cinq. Jésus nous y redit sur tous les tons que le caractère imprévisible de la Parousie implique un programme de vigilance : se tenir prêt, veiller pour ne pas se laisser surprendre par le jugement qui mettra en évidence le Jésus souligne l’insouciance totale de la génération du déluge. Toute leur vie était prise par les affaires ordinaires et accessoires de la vie. Ils ne doutaient de rien… ils ne voulaient ni voir ni savoir. Jésus épingle, en son temps et aussi pour le nôtre, l’indifférence vis-à-vis de l’essentiel : la Parousie et avec elle le jugement qui fixera la destinée de chacun. De même que le déluge signifie le jugement sur la génération de Noé, de même aussi la Parousie signifiera le jugement divin sur tout homme.

Être sur le quai pour embarquer

La Parousie, et avec elle le jugement, viendra surprendre les hommes dans leurs occupations habituelles ; bien que se trouvant apparemment dans la même situation, l’un sera pris, l’autre laissé. Ces termes non précisés sont à interpréter dans le contexte des paraboles de vigilance, surtout celle des dix vierges : celles qui étaient prêtes sont entrées dans la salle du banquet avec l’Époux et les autres en ont été exclues (25, 10-12) ; de même les serviteurs fidèles entrent dans la joie du maître : ils ont travaillé comme il convenait. L’autre serviteur qui n’a rien fait est exclu et jeté dehors (24, 51 ; 25, 30). Aussi les termes « pris et laissés » ne signifient-ils pas ici autre chose qu’être adjoint au cortège qui marche à la rencontre de l’époux qui vient, ou en être exclu. Le critère de la séparation n’est pas arbitraire, mais tient compte des dispositions et mérites de chacun.

« Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient ». Cette exhortation à veiller désigne ici une disponibilité permanente du chrétien, parce qu’il ne sait pas le moment du retour de son Seigneur. Il ne doit pas vivre dans une insouciance paresseuse, mais veiller dans l’attente du retour du Christ, comme le maître de maison avisé. Sûr de son échéance, mais incertain du moment, il doit se tenir sur ses gardes, dans la vigilance, devant l’éventualité de l’effraction. « Si tu ne veilles pas, moi je viendrai comme un voleur dans la nuit » (Ap 3, 3)

C’est le premier électrochoc de l’Avent : réveillez-vous !