Gregory Aimar
« Qui aurait pu prédire ? », s’interrogeait Emmanuel Macron à l’occasion de ses voeux aux français le 31 décembre 2022, à propos de « la crise climatique aux effets spectaculaires (…) dans notre pays ». Une question assez stupéfiante, lorsqu’on sait que les scientifiques alertent les dirigeants politiques et industriels de ce monde sur les conséquences de notre consommation d’énergies fossiles depuis les années 50. La déclaration semble tellement incongrue qu’on se demande si notre cher président est gravement amnésique ou bien s’il fait preuve d’une mauvaise foi aussi spectaculaire que les effets de la crise climatique qu’il mentionne… Mais au-delà de son cas personnel, la séquence est surtout révélatrice d’un fonctionnement, très humain, qui dépasse de loin la seule sphère du pouvoir politique.
Une question très concrète
La prospective — démarche d’anticipation et d’exploration des futurs possibles pour éclairer l’action présente — est, certes, un exercice intellectuellement stimulant, mais est-il vraiment utile ? Combien de drames ont-ils eu lieu alors que des citoyens, des associations, des experts, des journalistes ou des écrivains lançaient l’alerte depuis des années, parfois des décennies ? Le cas du dérèglement climatique est emblématique, mais nous pourrions aussi évoquer pêle-mêle le meurtre récent la jeune Lyhanna, la montée des partis extrémistes, l’attentat du 7 octobre contre Israël, la crise financière de 2008 ou encore la diffusion de l’idéologie transhumaniste et ses conséquences sur notre santé mentale, que je mentionnais déjà dans un précédent article1.
Dans ce même article, j’analysais les raisons pour lesquelles les prédictions sont si rarement prises en compte, avec les conséquences parfois tragiques que cela implique : « Pour dire les choses simplement, les prospectivistes rencontrent systématiquement deux obstacles majeurs dans leur travaux : premièrement, l’incrédulité et le conformisme de leurs contemporains ; deuxièmement, l’opposition des intérêts scientifiques, économiques et politiques affectés par leurs prévisions. » Des freins qui sont en place depuis des millénaires, si l’on se réfère aux prophètes bibliques. Mais faut-il se résigner pour autant ? Faut-il cesser tout exercice d’anticipation ? Faut-il abandonner tout espoir d’éviter les catastrophes, alors même que nous en avons les moyens ? Je ne le pense pas. En revanche, je crois qu’il est fondamental de rappeler, une fois de plus, l’importance de l’intelligence collective dans la survenue et la gestion des événements que nous traversons. Loin de ne constituer qu’une question purement philosophique, notre rapport au futur à une incidence très concrète sur notre quotidien et nous en sommes toutes et tous, à un niveau ou à un autre, responsables.
Prédire est dans la nature humaine
Il est impossible de ne pas anticiper, tout simplement parce que c’est inhérent à notre fonctionnement cérébral. Le système nerveux central est, littéralement, une « machine prédictive ». Selon la théorie du cerveau bayésien, « le cerveau utilise des croyances (définies comme des estimations de probabilité) pour traiter les informations sensorielles et décider les actions à réaliser », explique le psychiatre Hugo Bottemanne, co-auteur du livre The Predictive mind : An introduction to Bayesian Brain Theory (Encéphale, 2022). En d’autres termes, plus nous croyons qu’un événement est susceptible de se produire, plus nous réagissons logiquement aux informations qui annoncent cet événement et plus nous prenons les bonnes décisions pour y faire face.
Le problème vient de l’irrationalité des individus : si un certain nombre de croyances semblent évidentes pour le plus grand nombre (exemple : mettre sa main dans le feu entraine une brûlure), les croyances plus complexes sont soumises à des influences nombreuses qui peuvent brouiller notre jugement et s’opposer aux actions adéquates à mener (exemple : l’activité humaine contribue au dérèglement climatique). « Ces croyances probabilistes peuvent biaiser la perception du monde en favorisant les entrées sensorielles que le cerveau s’attend à recevoir, poursuit Hugo Bottemanne. Ainsi, si je crois que ma tasse de café est chaude, je peux sentir la sensation tactile de chaleur lorsque je m’en saisis, même si elle ne contient que du café froid. » Appliqué au changement climatique, si l’on croit qu’il n’existe pas (ou qu’il est passager, ou qu’il est cyclique, ou qu’il est surestimé…), alors on arrivera à ignorer les signaux qui en témoignent et, en toute « logique », on ne prendra pas les mesures nécessaires pour le contrer. « La perception consciente d’un stimulus dans l’environnement est alors le fruit de cet équilibre fragile entre croyances et entrées sensorielles », résume le chercheur.
Le déni est aussi dans la nature humaine
Si la prédiction du futur est constitutive de la nature humaine, malheureusement le déni l’est tout autant. Le déni est cette tendance, extrêmement puissante chez certains, à refuser une réalité parce qu’elle met en péril leur sécurité émotionnelle, ce que les psychiatres appellent l’homéostasie psychique. Plus concrètement, dans le cas du dérèglement climatique, si l’on me dit que pour l’atténuer, je vais devoir changer mes habitudes (arrêter de manger de la viande, prendre les transports en commun, arrêter de voyager…), alors je vais avoir tendance à préférer minimiser, voire nier les catastrophes environnementales pour conserver mon mode de vie, quand bien même leur intensité et leur récurrence augmentent visiblement depuis plusieurs années. Si, de surcroit, un certain nombre d’hommes et de femmes politiques, de dirigeants d’entreprises et de scientifiques liés à l’industrie ont également des intérêts (principalement financiers et électoraux) à contester la gravité et la rapidité de ce dérèglement, alors mon déni s’en trouvera grandement renforcé et, à l’échelle globale, les réformes nécessaires seront impossibles à mettre en place.
En fait, la difficulté fondamentale d’homo sapiens n’est pas l’anticipation du futur, c’est la réforme du présent. En témoigne, encore une fois, l’exemple du climat : il ne s’agit plus aujourd’hui de prédictions, les preuves de son dérèglement sont bien là et elles sont indiscutables. Pourtant, l’utilisation des énergies fossiles continuent d’augmenter dans le monde entier, la croissance économique reste la religion politique de la majorité des gouvernements et, acculé dans ses derniers retranchements, le système capitaliste a sorti de son chapeau le « miracle » de l’intelligence artificielle, censée résoudre tous nos problèmes, alors qu’elle ne fait, pour l’heure, que les amplifier.
Diagnôsis & pharmakon
Avec le déni, l’un des principaux facteurs de notre immobilisme est cette faculté prodigieuse que nous avons acquise de poser les bons diagnostics sans proposer les remèdes ad hoc : nous entendons beaucoup de contestations, voire de condamnations à propos de notre système économique, mais peu d’alternatives précises et crédibles sont proposées pour le remplacer. Or, pour changer de trajectoire, s’indigner ne suffit pas, il faut prendre le risque des solutions innovantes. Un changement qui doit passer, pour commencer, par une transformation de notre pensée. En grec, le terme diagnôsis désigne « le pouvoir de discerner », c’est-à-dire de séparer le bon du mauvais, éliminer les fausses croyances et identifier les causes réelles d’un problème. Le terme pharmakon, lui, à la racine des mots pharmacie et pharmacopée, désigne à la fois le remède et le poison. En somme, ces deux termes indissociables, diagnostic et remède, portent tous deux une dualité intrinsèque qu’il nous appartient de saisir au moyen de notre intelligence, afin de faire les bons choix pour notre santé, tant individuelle que collective. Il nous faut dis-cer-ner.
Or, le discernement est une qualité que de nombreuses spiritualités nous invitent à développer depuis des siècles. Les exercices spirituels d’Ignace de Loyola sont particulièrement réputés en la matière. Pour beaucoup, l’intelligence spirituelle est le seul moyen de transformer en profondeur notre vision du monde et de trouver ces « solutions innovantes » pour le futur. En témoigne la sollicitation, par l’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic, des conseils du Vatican dans le développement de leurs technologies. Si la démarche relève davantage, ici, d’une forme d’ethicwashing de la part d’Anthropic, que d’une volonté sincère d’intégrer la sagesse chrétienne à leurs activités, elle révèle néanmoins une certaine compréhension, chez ses dirigeants, de l’importance d’une telle réflexion pour la pérennité de leur entreprise.
Expert en technologie de longue date, le Père Brendan McGuire, qui a pris part à l’écriture de la « Constitution éthique » de Claude, l’IA phare d’Anthropic, exprime très clairement les enjeux auxquels nous faisons face, aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle. Se référant au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, il souligne l’urgence actuelle pour l’humanité de trouver un accord pour encadrer le développement de cette technologie au niveau mondial : « Il nous a fallu dix ans pour mettre en place ce traité. Aujourd’hui, nous n’avons pas dix ans, nous avons dix mois. » Le prêtre, bien implanté dans l’écosystème de la Silicon Valley, côtoie tous les jours les salariés des Big Tech et il ne parle pas à la légère. « Le silence de n’importe qui, désormais, sera une trahison envers l’humanité, ajoute-t-il. Nous avons tous un rôle à jouer. »
Une question de sens
Aux paragraphes cinq et six de son encyclique, le Pape Léon XIV évoque l’importance du sens de nos choix dans le contexte de la révolution IA : « Par le passé, c’étaient surtout les États qui guidaient et orientaient l’innovation. Aujourd’hui, en revanche, les principaux moteurs du développement sont des acteurs privés, souvent transnationaux, dotés de ressources et de capacités d’intervention supérieures à celles de nombreux gouvernements. Le pouvoir technologique prend ainsi un visage inédit, essentiellement privé, et donc d’autant plus difficile à cerner, à réguler et à orienter vers le bien commun. (§5) C’est pourquoi il faut engager un discernement commun capable de s’enraciner dans les fondements spirituels et culturels des transformations en cours. Si nous nous limitons aux aléas du moment, nous risquons de laisser la succession des urgences décider à notre place de la direction à prendre. Nous vivons une phase de transition rapide, un “tournant historique”, où — tandis que certains se disputent l’avenir des nouvelles technologies et que d’autres s’attachent à y réfléchir — la plupart des personnes restent dans l’expectative, observent de loin et espèrent simplement que tout ira pour le mieux. C’est précisément pour cette raison que des questions décisives s’imposent à notre conscience, questions auxquelles on ne peut plus échapper : où allons-nous ? Vers quel but souhaitons-nous nous orienter ? Quelle direction choisir en tant que communauté humaine et en tant que peuples ? (§6) »
Cette réflexion sur la « direction » que nous empruntons collectivement rejoint la question du sens de nos vies, de la finalité de nos décisions et, au fond, de nos valeurs. Ces considérations sont profondément et indiscutablement spirituelles. Pourtant, malgré l’accueil globalement très positif qu’a reçu l’encyclique du souverain pontife, cette lecture de notre existence reste marginale dans les débats. À force d’être séparée, voire opposée à la République — la res publica, la « chose publique » —, la spiritualité n’irrigue plus nos choix de société et son absence contribue à la désorientation sociale, à l’angoisse grandissante de populations qui, de plus en plus, se tournent vers la technologie pour compenser cette carence. Une technologie dont l’orientation sert d’abord l’intérêt de ses fabricants, avant celui de ses utilisateurs.
La religion technologique reste un tabou
La thèse que je développe ici, je la décline depuis dix ans sous forme d’articles, d’essais, de conférences et de romans, et ce qui n’était à l’origine qu’une prémonition est devenue, aujourd’hui, une certitude : en 2026, nous sommes face à un choix entre la réhabilitation de la spiritualité dans notre vie quotidienne d’un côté, et l’acceptation de sa disparition au profit d’une religion technologique, de l’autre. C’est ce choix que j’ai voulu mettre en scène dans mon premier roman d’anticipation, I.AM (Editions Massot, 2020), écrit en 2016 et dont l’action prend place en 2025-2026. Voici un aperçu de quelques intuitions qui m’ont traversé au cours de l’écriture du livre et de leur réalisation.
Intuition n°1 — Explosion de l’intelligence artificielle dans le monde
« En 2025, l’humanité atteindra un tournant décisif de son évolution. La technologie aura pris une telle importance que plus aucune activité ne pourra être envisagée sans y avoir recours. L’économie sera totalement dominée par les algorithmes et par les sociétés qui auront investi dans le développement de l’intelligence artificielle au cours des décennies précédentes. » (I.AM, p9)
Cette transformation s’est bien concrétisée. Les Big Tech dominent le marché mondial, l’IA nous est présentée aujourd’hui comme étant incontournable dans tous les secteurs d’activité et les niveaux d’investissements dans cette technologie sont sans précédents dans l’histoire de l’humanité.
Intuition n°2 — Avènement de la singularité technologique
« Le monde sera, en cette période, à l’aube de la singularité prédite par les technoprophètes de la fin du deuxième millénaire : cet instant où la puissance des machines dépassera celle du cerveau humain et où elles deviendront imprévisibles. » (I.AM, p9)
Au moment où j’écris ces lignes, Sam Altman vient d’annoncer que, selon lui, nous aurions atteint cette fameuse singularité technologique. D’aucuns diront que c’est un énième coup marketing… C’est probablement vrai, mais en partie seulement, car cette déclaration coïncide avec plusieurs incidents témoignant de notre perte de contrôle de certains systèmes d’IA.
Intuition n°3 — Conception d’une divinité algorithmique
« En 2025, la technologie aura tout envahi, jusqu’au corps humain lui-même, et elle offrira au monde une nouvelle révélation, une nouvelle religion, une nouvelle déesse. » (I.AM, p9)
Dans le sillage de la singularité et du développement des interfaces cerveau-machine, j’anticipais ici la « divinisation de la technologie », c’est-à-dire la volonté — littérale — des Big Tech de concevoir une super IA qui prendra la place de Dieu. Cette ambition, évoquée discrètement jusque-là, est désormais assumée par tous les pontes du secteur.
Intuition n°4 — Tentation de confier l’avenir de l’humanité à l’IA
« Notre civilisation se trouvera alors face à un choix : confier son avenir à MAÏA, une intelligence artificielle globale, évolutive et indépendante, ou rester maîtresse de son destin. » (I.AM, p9-10)
Cette perspective découle naturellement des deux points précédents — singularité et IA divine — et elle est également en cours de concrétisation : l’IA a déjà été implémentée dans plusieurs gouvernements à travers le monde, et la tendance risque de s’accélérer. Je vous renvoie à mon article pour la Revue des Deux Mondes, En route vers la République des machines ?, si vous souhaitez approfondir le sujet.
Intuition n°5 — Déplacement des Big Tech vers le nord
« La migration des industries technologiques vers le nord de l’Amérique, à la suite d’un réchauffement climatique aux conséquences catastrophiques sur les machines comme sur les employés, a coûté cher aux ressources sylvestres de la région. » (I.AM, p64)
Pour revenir sur des considérations plus terre à terre, j’avais anticipé la fuite en avant de la Silicon Valley qui, plutôt que de remettre en question la consommation phénoménale d’énergie liée à ses activités, préfèrerait les délocaliser vers des zones plus tempérées comme le Canada, à l’instar de Meta, qui vient d’annoncer la construction de son premier data center… au Canada.
Intuition n°6 — Risques liés à l’activité solaire pour notre société technologique
« En 2044, lorsqu’elle pénétrera dans le giron intime du Soleil, Némésis engendrera un surcroît d’activité de l’astre et des tempêtes solaires sans précédent. Les éjections de masse coronale et le bombardement de particules et de rayons X, dirigés vers la Terre, mettront hors circuit tous les systèmes dépendant de l’électricité. » (I.AM, p204)
Attention, spoiler ! Dans I.AM, j’imagine la découverte d’une étoile jumelle du Soleil qui, en se rapprochant de lui, engendre une activité solaire inédite et menace d’anéantir la « civilisation de l’IA ». Fin 2023, des chercheurs ont publié un article dans The Astrophysical Journal pour alerter sur ce risque : « De tels événements extrêmes restent rares. Mais l’apparition de trois super-tempêtes de ce type en six décennies montre que la menace qui pèse sur la société moderne est réelle . »
Intuition n°7 — Possibilité d’envoyer un message vers le passé
« Le récit que vous allez découvrir se déroule à New Francisco, au Canada, dans la Singularity Valley. Ce témoignage est celui de Damian Goodwill. Et il nous vient du futur. » (I.AM, p10)
Ici, nous débordons le sujet de l’IA, pour revenir sur celui de la prédiction. Le point de départ que j’ai imaginé pour mon roman est l’envoi d’un message depuis le futur, par le protagoniste principal, pour nous alerter. Une façon de rester dans le cadre de la fiction, tout en donnant un aspect plus « réaliste » au récit. Le 11 juin 2026, des physiciens du MIT ont publié un papier suggérant que la transmission d’une information vers le passé serait théoriquement possible au regard des lois de la physique quantique…
Je pourrais continuer la liste, mais je pense que la démonstration est suffisante. Or, malgré la validité de ces intuitions et leurs déclinaisons sous différents formats depuis une dizaine d’années, force est de constater que la question centrale autour duquel elles s’articulent reste, encore aujourd’hui, un grand tabou : souhaitons-nous restaurer une réflexion spirituelle dans le débat public afin d’éclairer nos choix de société ou bien souhaitons-nous éliminer définitivement toute forme de transcendance au profit d’une religion technologique dont l’intelligence artificielle « toute-puissante » prendrait les décisions à notre place ?
Le futur, c’est maintenant
En 2016 et jusqu’en 2022, cette question relevait de l’anticipation et elle fut globalement ignorée. Depuis 2023, la question est devenue concrète, actuelle, évidente et pourtant, on persiste à regarder ailleurs. En conséquence, je dirais que la réponse au titre de cet article — « Est-il vraiment utile d’anticiper le futur ? » — est OUI. OUI, car le problème ne vient pas de l’anticipation, mais de notre capacité à intégrer les événements et à remettre en question nos croyances, de façon à faire de nouveaux choix, à dépasser la seule contestation pour entrer dans la transformation. Et OUI, car les prédictions, quand bien même elles sont souvent rejetées par une majorité, touchent le coeur d’une minorité qui rend possible l’avènement d’un changement.
Dans ce processus, la spiritualité revêt une importance particulière et ce, pour deux raisons. D’une part, elle est la clé pour nous faire accéder, collectivement, à un meilleur discernement, qu’il s’agisse de nos choix présents ou à venir. Il n’est pas question, bien sûr, de sombrer dans des pratiques irrationnelles telles que la voyance ou d’adhérer aveuglément à n’importe quelles prophéties, mais de renouer avec ce que Georges Bernanos appelait « la vie intérieure », dans son essai visionnaire La France contre les robots2. D’autre part, elle est au coeur de l’un des plus grand défi qui se pose justement, aujourd’hui, à notre discernement, à l’échelle planétaire : adhérer, ou pas, à la religion technologique de l’IA. Les médias anglo-saxons se sont emparés du sujet3. La France, elle, reste cruellement en retard.
« La Silicon Valley a un ‘’complexe de Dieu’’. Les critiques n’ont pas tort sur ce point. Ils se trompent simplement sur la divinité en question. L’argent seul mène à Wall Street. Le pouvoir seul mène à Washington. C’est tout autre chose qui conduit à un garage de Menlo Park : la foi. La Silicon Valley est un mouvement religieux. Sa doctrine centrale est la suivante : aucune force dans l’histoire n’a davantage contribué à améliorer la vie humaine que la technologie. » — Reid Hoffman (ex-PayPal, cofondateur de LinkedIn et Inflection AI), dans son essai Faith in the Possible
Merci d’avoir lu L’Evangile selon Big Tech | Le blog ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir les nouveaux articles.
