Le pape Léon XIV, qui a toujours soutenu la dissolution de la communauté péruvienne Sodalicio a voulu joindre une lettre personnelle à l’hommage théâtral à rendu Paola Ugaz.
Paola Ugaz, Pedro Salinas, Daniel Yovera et Patricia Lachira ont passé des décennies à risquer leur vie pour défendre la liberté de la presse et dénoncer les crimes commis par Sodalicio de Vida Cristiana, une association catholique très puissante au Pérou, que le pape François (avec l’aide précieuse du cardinal Prevost de l’époque) a dissoute quelques jours avant sa mort.
L’histoire de Paola Ugaz , l’une de ces professionnelles dévouées, est aujourd’hui portée à la scène dans la pièce « Proyecto Ugaz », jouée au Théâtre La Plaza de Lima. Écrite et interprétée par Vera Castaño et Rocío Limo, et mise en scène par Diego Gargurevich, cette pièce raconte l’histoire d’une journaliste qui lutte contre des pouvoirs pseudo-religieux démesurés et corrompus. . C’est à la fin de la représentation du 20 juin que la lettre du Pape Léon a été lue publiquement.
« Cette œuvre n’est pas seulement du théâtre », déclare le pape Léon XIV, « c’est une œuvre de mémoire, de dénonciation et, surtout, un acte de justice. À travers elle, les victimes de la famille spirituelle dissoute du Sodalitium et les journalistes qui les ont accompagnées – avec courage, patience et fidélité à la vérité – illuminent le visage blessé mais plein d’espoir de l’Église.»
« Il est urgent d’enraciner dans toute l’Église une culture de prévention qui ne tolère aucune forme d’abus, qu’il s’agisse de pouvoir ou d’autorité, de conscience ou de spiritualité, ou d’abus sexuel. »
Voici les phrases essentielles de la lettre, citées par La Repubblica :
« Avec un profond respect et une profonde gratitude, à peine un mois après le début de mon pontificat, mais en me souvenant avec gratitude des presque 40 ans depuis ma première mission au Pérou, je m’associe à la première de l’œuvre Proyecto Ugaz, qui donne voix et visage à une douleur qui a été trop longtemps tue » ; « Votre combat pour la justice est aussi le combat de l’Église. Car, comme je l’ai écrit il y a des années, « une foi qui ne touche pas aux blessures du corps et de l’âme humaine est une foi qui n’a pas encore connu l’Évangile » » ; « lorsque j’ai eu le privilège de m’adresser pour la première fois aux journalistes réunis après le conclave, j’ai souligné que « la vérité n’est la propriété de personne, mais il est de la responsabilité de chacun de la rechercher, de la sauvegarder et de la servir » ;«La prévention et le soin ne sont pas une stratégie pastorale : ils sont le cœur de l’Évangile » ; enfin le pape espère que la pièce Proyecto Ugaz « réveillera les cœurs, remuera les consciences et nous aidera à construire une Église où personne d’autre n’aura à souffrir en silence, et où la vérité ne sera pas considérée comme une menace, mais comme un chemin vers la libération. »
On attendait de voir ce que seraient les premières réactions du Pape Léon au-sujet des abus. Il semble bien qu’on ait là la ligne qu’il entend indiquer à toute l’Église.