Laëtitia Gonfalon
L’INIRR est une instance nationale de reconnaissance et de réparation dont la création est consécutive au rapport de la CIASE. Elle est destinée à disparaître à l’automne 2026.
De façon étrange la Conférence des Evêques de France semble s’être convertie à la métempsychose en fixant désormais pour les victimes l’objectif de « Renaître » pour venir se substituer aux buts initialement définis.
L’emploi de ce verbe est évidemment inadéquat.
La bonne logique serait de poursuivre ces objectifs de Reconnaissance et de Réparation par des actions permettant aux victimes (« survivants ») de mieux Revivre.
Ce que l’on doit proposer désormais pour maintenir et prolonger l’efficacité de l’INIRR, c’est de « rouler les R ».
Après Reconnaître et Réparer, il s’agit ensuite de :
Restaurer : puisque les délais de prescription sont la plupart du temps dépassés pour la Justice civile et pénale, c’est la justice restaurative qu’il convient de mettre en place. Cela demande des moyens humains et financiers significatifs, un investissement dans la formation des médiateurs, et beaucoup de patience. Mais il faut le faire au lieu de se contenter d’évoquer ce terme de justice restaurative sans même chercher à savoir ce qu’il recouvre.
Recouvrer : sa vraie personnalité, son identité profonde, l’ensemble de ses capacités et de ses compétences, bénéficier pour cela si nécessaire d’un accompagnement psychologique.
Rétablir : une situation normale : famille, logement, profession, loisirs, vie ou pratique religieuse éventuellement. Cela suppose tout un dispositif d’aides, de conseils de vie pratique, de démarches administratives qu’il faut expliquer. Rétablir le niveau de compétences par l’accès à des formations.
Revivre : ou plutôt, tout simplement, Vivre, pouvoir enfin bavarder, rire et chanter, profiter de l’existence, bâtir des projets d’avenir.
