Accueillez l’Emmanuel  !

4è D Avent A — (Mt 1, 18-24)

Réveillez-vous ! Convertissez-vous ! Adaptez-vous ! Notre cheminement d’Avent se termine au 4è dimanche par la contemplation de ceux qui sont les gardiens du mystère de l’incarnation, Marie et Joseph. L’évangéliste Matthieu s’attache au rôle de Joseph, à travers ce petit récit que nous lisons aujourd’hui, dont l’invitation pourrait être : accueillez l’Emmanuel !

Joseph, l’homme second mais indispensable

Alors que son évangile commence par les mots « Livre de la genèse (généalogie) de Jésus-Christ », le verset 18 reprend « or la genèse (naissance) de Jésus-Christ arriva ainsi »… nous faisant comprendre ainsi que l’incarnation est une nouvelle genèse… La table des origines (v. 1-17) a plongé d’abord dans l’histoire d’Israël pour s’en écarter au dernier moment par une sorte de pirouette. « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ » (1,16). Joseph, point d’aboutissement de la longue liste, n’est pas celui qui « engendra » Jésus ! Il est second. Marie, sa femme, en revanche, en est la mère, et le récit proclamé (v. 18-25) explicite l’événement. L’agent de l’engendrement est « l’Esprit Saint »

Le cheminement et la foi nocturnes de Joseph

Dans la nuit de la foi, Joseph va devoir choisir, pour ou contre ce mariage, pour ou contre cette paternité adoptive qui lui est proposée. Un immense acte de foi, de confiance, est requis de lui. Ce n’est pas une option intellectuelle dogmatique mais un acte qui va aussitôt bouleverser sa vie personnelle de façon irréversible. Son cheminement est nocturne. C’est de nuit qu’il reçoit les éléments qui lui permettent de reconnaître l’Esprit Saint à l’œuvre dans l’événement inimaginable, et d’accueillir ainsi à nouveau Marie comme son épouse.

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La grossesse de Marie, lumière et vie

Longtemps avant de présenter Marie comme « vierge » (v. 23), Matthieu nous la présente comme une femme « enceinte » (v. 18) : c’est sa grossesse qui est mise en lumière ! La virginité de Marie n’est directement exprimée chez Matthieu que par la citation du prophète Isaïe. Le plus important reste la grossesse, la conception, la naissance à venir, inhabituelle. Son regard se pose sur la puissance de vie divine qui est à l’œuvre quand Jésus est conçu. Ce n’est qu’à la fin du récit que Matthieu formule négativement  : « il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus » (v. 25) ce qu’il avait d’abord formulé positivement : « avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint » (v. 18).

Le nom interprété par Matthieu : Jésus est l’Emmanuel

À Joseph échoit finalement la fonction paternelle la plus traditionnelle : donner un nom à l’enfant. La chose est solennellement énoncée puis actée : très littéralement, « tu appelleras son nom Jésus (v. 21)… il appela son nom Jésus (v. 25) ». Jésus est la transcription grecque de Josué, qui signifie « le Seigneur sauve ». Jésus est un nouveau Josué, l’homme du passage du Jourdain et de l’entrée dans la Terre promise. Or la référence scripturaire de la parole d’accomplissement donnée par Matthieu introduit un autre nom : « Emmanuel, ce qui se traduit « Dieu-avec-nous » » (Is 7, 14) ! Entre « tu lui donneras le nom de Jésus » et « il lui donna le nom de Jésus », l’oracle d’accomplissement des Écritures a permis d’insérer : « on lui donnera le nom d’Emmanuel » !

Joseph, un vrai guide pour être disciples de l’Emmanuel

En continuant le récit au chapitre 2, on constate que Matthieu répète obstinément le scénario qui concerne Joseph : trois fois l’ange lui parle, trois fois de nuit en songe, trois fois en lui donnant la même consigne, « prends-avec (toi) » l’enfant et sa mère… »(1, 20 ; 2, 13,20) La foi requiert de Joseph, comme du chrétien après lui, une solidarité, un attachement à Jésus et sa mère qui n’a rien de sentimental, mais qui consiste à « prendre-avec », c’est-à-dire à assumer, à prendre ses responsabilités (« il prit » 1, 24 ;2,14.21).

Avec Joseph au coeur très pur, par Marie Notre-Dame du coeur immaculé, loué et aimé soit leu coeur eucharistique de Jésus, glorifiée et adorée soit la sainte Trinité !