3è D Car A — (Jn 4)
L’année A du cycle liturgique, nous lisons trois catéchèses baptismales en Jean (4, 9, 11). Trois parcours de foi… Comment ne pas penser à son affirmation : « JE SUIS LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE » (Jn 14, 6). La Samaritaine, l’aveugle-né, Marthe et Marie, Jésus les fait cheminer jusqu’à une foi vivante, il les éclaire de sa lumière, il les fait revivre.
Jésus prend le chemin de la rencontre
Un chemin — Jn 4, 3-6 — « Il lui fallait traverser la Samarie ». Géographiquement, il lui aurait été plus facile de suivre la vallée du Jourdain. C’est donc sur la base d’un accueil de la volonté divine que Jésus se rend en Samarie, et qu’il va se trouver en plein midi, seul, au puits de Jacob. Il choisit son chemin pour être se rend disponible à la personne.
Un accueil mutuel — Jn 4, 7-10 — Jésus est dans une attitude de pauvreté : il est fatigué par la route, il s’est assis près du puits. Il est midi, il fait chaud ; Jésus a faim et soif, il réclame à boire. Lui qui veut donner l’eau vive de l’Esprit commence par demander. Le fond de la démarche de Jésus, c’est d’éveiller la liberté de cette femme.
Passer de la soif terrestre au désir de la vie éternelle — Jn 4, 11-15 — Jésus ne discute pas avec elle, et ne donne pas de réponse à ses questions. Il continue à affirmer une vérité première : l’eau d’ici-bas ne peut satisfaire le désir infini du cœur humain, seule l’eau vive de l’Esprit peut faire entrer dans la dimension de l’éternité. Malgré le grand décalage dans le dialogue, Jésus prépare la Samaritaine à accueillir pleinement ce qu’il veut lui donner.
Jésus provoque à des conversions
Faire la vérité dans sa vie — Jn 4, 16-20 — Jésus se permet directement une provocation : « Va, appelle ton mari, et reviens ici ». Il rétablit la vérité avec délicatesse : « celui avec qui tu vis n’est pas ton mari. En cela tu dis vrai ». Reconnaître le péché, c’est la condition de base pour accueillir l’amour.
Adorer Dieu en Esprit et Vérité — Jn 4, 21-26 — A cette femme qui lui demandait s’il fallait adorer Dieu au temple situé sur le Mont Garizim, en Samarie, ou bien au temple situé à Jérusalem, Jésus lui dit : « Au fond, ce n’est pas la question ; l’heure vient et c’est maintenant où les vrais adorateurs adoreront le Père dans l’Esprit et la Vérité. Dieu est Esprit, et ceux qui l’adorent, c’est dans l’Esprit et la Vérité qu’ils doivent adorer ». À travers l’écoute des paroles de Jésus, la Samaritaine fait déjà l’expérience de l’eau vive « jaillissant en vie éternelle ».
Jésus cherche des témoins
Critère de la conversion : l’apostolat — Jn 4, 27-30 — La cruche laissée au bord du puits marque combien cette Samaritaine a été bouleversée par ce qu’elle a entendu de Jésus. Elle a reçu l’eau vive qui commence à étancher sa soif la plus profonde par l’ouverture de la source dans son cœur. Ainsi, cette femme touchée par Jésus, convertie, ne peut s’empêcher de devenir une apôtre.
La faim d’accomplir la mission — Jn 4, 31-34 — Dans le dialogue avec les disciples de retour des courses,
* Jésus révèle de quoi il vit, sa nourriture : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (v. 34). Jésus et la Samaritaine sont maintenant alignés sur la même nourriture.
* Jésus dit aussi que sa nourriture, c’est de « mener son œuvre à son achèvement ». C’est ce que Jésus vient de vivre avec la Samaritaine, et c’est le contenu même de l’action de l’Église dans le temps : évangéliser. C’est là l’œuvre du Père qu’il s’agit d’accomplir.
La moisson et la récolte
Maturation, prédécesseurs et successeurs — Jn 4, 35-38 — « Encore quatre mois et vient la moisson ». Ce dicton laisse entendre qu’on a encore le temps. Or Jésus affirme : c’est une erreur. « Regardez, les champs sont blancs pour la moisson » (v. 30) : les Samaritains sortent de la ville et se dirigent vers Jésus.
« Je vous ai envoyés moissonner », dit Jésus (v. 38). Telle est la présentation qui est faite de la mission dans l’Évangile selon St Jean : Jésus envoie ses disciples cueillir une moisson mûre. Ils vont récolter, rassembler les fruits pour la vie éternelle (v. 36), c’est-à-dire les hommes que le Père attire.
Le Sauveur du monde — Jn 4, 39-43 — Dans cette œuvre, le rôle de la Samaritaine est important. Le rôle du converti-témoin, ce rôle demeure essentiel pour amener ses frères à la foi. Le converti d’aujourd’hui, souvent un homme ou une femme blessés par les errances de la vie, accepte sans fausse pudeur de partager « tout ce que j’ai fait », rendant gloire à Jésus de l’avoir désaltéré à l’eau vive de la miséricorde du Père.
