Le bonheur dans la mort et l’au-delà

commémoration défunts

Icône : broderie de perles sur toile de lin, posées sur feuilles d’or 22 carats. Carole Brunier. Nous avons entendu hier la proclamation des béatitudes dans l’évangile selon St Matthieu. Nous pouvons rappeler aujourd’hui qu’il existe 7 béatitudes  qui, dans le livre de l’Apocalypse, proclament le bonheur des chrétiens, dans la mort et au-delà de la mort. Elles sont souvent négligées parce que disséminées dans l’ensemble du livre. Elles proclament le bonheur de ceux qui sont fidèles à l’Agneau, en opposition à ceux qui adorent la Bête et ont reçu sa marque. Elles indiquent le comportement du fidèle du Christ et invitent l’auditeur à s’y conformer,. Elles l’avertissent sur son chemin d’accomplissement, alors qu’il vit dans une société qui ignore et méprise cet engagement.

La béatitude du baptême (3/Ap 16,15)

En finale de l’histoire, Satan dresse le monde pécheur contre Dieu avant d’être lui-même englouti (voir 19, 19-20 et 20, 7-10). D’où l’avertissement : voici le Christ qui vient, non seulement en finale de l’histoire, mais aussi au moment de la mort. C’est un appel à veiller : il vient comme un voleur (voir 3, 3-4). Heureux celui qui garde ses vêtements (voir 3, 4. 18), c’est-à-dire qui demeure dans l’état de créature renouvelée par le baptême. Déjà on pouvait lire dans la Lettre à l’église de Laodicée : « je te le conseille : achète chez moi… des vêtements blancs pour te couvrir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité ». La 7è béatitude déclare nettement : ceux qui pénètrent par les portes dans la Jérusalem nouvelle pour accéder à l’arbre de Vie (22,14) devront avoir blanchi leur robe dans le sang de l’Agneau (7, 14). N’est-ce pas aussi le sens de l’habit de chœur dans un monastère pour vivre la liturgie ?

La béatitude du martyre (5/Ap 20,6)

Cette 5è béatitude concerne explicitement le règne des martyrs avec le Christ, que saint Jean l’appelle la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection (20, 6). C’est l’accomplissement des promesses faites aux vainqueurs (ch. 2-3). Elle est un privilège ; on ne peut l’obtenir que par un attachement inébranlable au témoignage de Jésus et à la Parole de Dieu, en refusant de se prosterner devant la Bête, jusqu’au martyre. Les autres morts ne reprirent pas vie avant l’accomplissement des mille ans (20, 5). Cette première résurrection libère définitivement les saints et les martyrs de l’emprise possible de l’enfer, appelée seconde mort, et les établit dans une possession plénière de la royauté et du sacerdoce du Christ. Les martyrs ont accès à la gloire céleste dès le moment de leur mort, et ils règnent avec le Christ tout au long des mille ans de l’Église.

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La béatitude du sabbat éternel (2/Ap 14,13)

Trois anges qui passent annoncent le Jugement, l’écroulement du monde pécheur, et le châtiment des idolâtres. À tous ceux qui se livrent lucidement à l’idolâtrie, l’Apocalypse affirme : vous risquez l’enfer. C’est l’heure de la persévérance des saints qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus. Ceux qui meurent dans la fidélité au Seigneur sont heureux dès à présent.Le ciel, pour les martyrs, est comme un sabbat. Ils se reposent de leurs labeurs, car leurs œuvres les suivent. De même que Dieu, le 7è jour, s’est reposé de son labeur et a contemplé ses œuvres (cela était très bon, Gn 1-2), de même les saints et les martyrs contemplent leurs œuvres, car elles les suivent. Au moment de notre mort, nous retrouverons tout ce que nous aurons pu vivre comme valeurs de foi, d’espérance, de charité, de sacrifice, et toute la croissance de l’Église qui peut en résulter. Nous aurons dans l’au-delà la densité de gloire qui correspondra à notre dilatation aux dimensions de l’amour crucifié.

La béatitude du festin des noces (4/Ap 19,9)

À partir du ch. 21, l’Apocalypse nous dévoilera l’Épouse de l’Agneau, la Jérusalem nouvelle. Pour l’instant, au moment des ultimes préparatifs, retentit l’invitation aux noces. « Voici les noces de l’Agneau, et son épouse s’est faite belle » (19,7) L’Épouse est splendide grâce à la gloire que les saints et les martyrs ont reçue de Dieu. Elle est prête pour les noces. Alors, « Heureux ceux qui sont invités au festin des Noces de l’Agneau ». Comme toutes les béatitudes, celle-ci s’adresse aux lecteurs, aux chrétiens persécutés. Elle les encourage à la fidélité. En reprenant cette béatitude avant la communion eucharistique, la liturgie nous demande de recevoir cette nourriture comme une force pour marcher jusqu’au but, comme le prophète Élie se rendant à l’Horeb. Et de comprendre qu’en allant communier, nous vivons une union nuptiale avec le Seigneur ressuscité.

« C’est ici la patience et la foi des saints » (13,10)

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