Mal

Crans Montana : l’Église demeure le lieu de la consolation

Au coeur des tragédies, ici celle de Crans Montana, l'Église demeure un lieu de consolation : elle trace un chemin ouvert à la lumière

Crans-Montana : que dire devant la tragédie du mal ?

Comment comprendre une tragédie atroce comme celle de Crans-Montana, qui frappe sans prévenir telle victime et épargne telle autre ? La réponse du père Benoist de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille.

Les fameuses victimes, dans l’Évangile, de l’effondrement de la tour de Siloë ou des émeutes réprimées par les Romains, en sont un bon exemple. Devant l’abominable de la condition humaine blessée à mort par le mal, Jésus ne s’attarde pas sur les causes et les raisons. Il invite celui qui veut parler avec lui à lever les yeux vers le Ciel pour y contempler l’horizon de salut qui pétrifie ce mal et transfigure toute existence en vie éternelle.

Après le drame de Crans-Montana, quelle parole pour l’Église ?

Père Joël Pralong, prêtre du diocèse de Sion (Valais), infirmier de formation, prédicateur de retraites, chapelain de la Basilique Notre-Dame de Valère, ancien supérieur du séminaire de Sion (Valais)

Dans l’épreuve, l’Église demeure le lieu de la consolation. Des centaines de personnes ont assisté hier à la messe, dans le froid, à l’extérieur de la chapelle Saint-Christophe de Crans-Montana, qui était bondée. Le jour de l’an est traditionnellement consacré à la fête de Marie Mère de Dieu et à la prière mondiale pour la paix mais, depuis le drame de la saint Sylvestre, ce sont des familles déchirées qui pleurent ce qui est arrivé à leurs enfants, souvent mineurs, dans l’insouciance des vacances de Noël. Quelle parole l’Église peut-elle avoir en pareilles circonstances, c’est la question que nous avons posée au père Joël Pralong, lui-même d’origine valaisanne.

Prendre « un autre chemin », celui de la compassion et de la vie avec Dieu

Jean-marie Lovey, évêque de Sion

« Devant l’Enfant reconnu comme Dieu et prosternés à ses pieds, les mages laissent jaillir tout ce qu’ils ont en eux, la richesse de leur être, franc comme de l’or, la bonne odeur d’une vie qui se répand comme un encens à la gloire de Dieu et la douceur de leur miséricorde déposée comme un onguent de myrrhe sur les blessures rencontrées en chemin. Chacun de nous possède ses propres réserves d’or, d’encens et de myrrhe. Cherchons à savoir en quoi elles consistent puis regardons où nous les tenons en réserve et nous les déverserons devant Dieu sachant que Dieu n’est pas ailleurs que là où un enfant de cette terre souffre ».

La perception que la Croix de Jésus sauve

Laeticia a survécu à l’incendie qui a ravagé le bar Constellation le 1er janvier à Crans-Montana. Elle a témoigné auprès de la Radio Télévision Suisse (@rtsinfo) et évoque ce moment où elle a prié le Seigneur en touchant sa croix.

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Je pense que le P. Benoist de Sinety a tort de qualifier cette perception de « magique » lorsqu’il écrit :

« Une jeune fille présente ce soir d’effroi témoigne : « Un ami a pris la croix qu’il avait sur lui. Il l’a serré très fort et le feu l’a épargné. » Mais que sait-on de celui qui, faisant le même geste, n’a pas été sauvé ? Que sait-on aussi de celui qui ne croit en rien et qui vit toujours pendant qu’un autre, fervent et pieux est peut-être déjà mort ? La foi sauve-t-elle de l’injustice et du cimetière ? Il ne faut pas mélanger le récit qui ouvre dans le néant d’une telle catastrophe un espace de paix, avec la réalisation magique et, somme toute très injuste, que nous avons tendance à confondre avec la Providence ». 

Seul Dieu connaît la qualité de notre acte de foi. Une parabole ? La croix de Jésus nous sauve du feu de l’enfer.

Abbé Pablo Pico: «J’ai vécu un long Vendredi saint sans la lumière de Pâques»

«J’ai vécu un long Vendredi saint.» Une semaine après le drame du Nouvel An à Crans-Montana, l’abbé Pablo Pico se confie à cath.ch au sujet des quatre jours qu’il a passé auprès des familles des victimes à la cellule d’écoute spirituelle mise en place au centre des congrès de la station, dès le 1er janvier 2026.

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