Assomption 2025
Ceux qui fréquentent le sanctuaire de Pontmain ont probablement dans l’oreille le cantique chanté là-bas : « Mère de l’espérance »… Le beau message de 1871 est toujours d’actualité : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon fils se laisse toucher ». En ce message s’expriment les trois vertus théologales, foi, espérance et charité. Mais priez mes enfants, c’est la foi. Dieu vous exaucera en peu de temps, c’est l’espérance. Mon fils se laisse toucher, c’est la charité, Dieu agit. En cette année jubilaire dont le thème porte sur l’espérance, en cette fête de l’Assomption, méditons quelques instants.
Marie, témoin de l’espérance
Dans la Bulle d’indiction de l’année jubilaire en cours, le pape François concluait : « L’espérance trouve dans la mère de Dieu son plus grand témoin. En elle, nous voyons que l’espérance n’est pas un optimisme vain, mais un don de la grâce dans le réalisme de la vie. Comme toute maman, chaque fois qu’elle regardait son Fils, elle pensait à son avenir, et certainement dans son cœur restaient gravées les paroles que Siméon lui avait adressées dans le temple : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive » (Lc 2, 34-35). Et au pied de la croix, alors qu’elle voit Jésus innocent souffrir et mourir, bien que traversée d’une immense souffrance elle répète son « oui », sans perdre ni l’espérance ni la confiance dans le Seigneur. (…) Dans le tourment de cette douleur offerte par amour, elle devenait notre mère, la mère de l’espérance. Ce n’est pas un hasard si la piété populaire continue à invoquer la Sainte Vierge comme Stella Maris, un titre qui exprime l’espérance sûre que, dans les vicissitudes orageuses de la vie, la mère de Dieu vient à notre aide, nous soutient et nous invite à avoir confiance et à continuer d’espérer » (n° 24).
Marie, une femme qui écoute
Marie1 apparaît dans les Évangiles comme une femme silencieuse, qui souvent, ne comprend pas tout ce qui se passe autour d’elle, mais qui médite chaque parole et chaque événement dans son cœur. Ce n’est pas une femme qui déprime devant les incertitudes de la vie, en particulier quand rien ne semble aller comme il faut. Ce n’est pas non plus une femme qui proteste avec violence, qui se lamente du destin de la vie qui nous révèle souvent un visage hostile. C’est en revanche une femme qui écoute : il y a toujours un grand rapport entre l’espérance et l’écoute, et Marie est une femme qui écoute. Marie accueille l’existence de la façon dont elle se présente à nous, avec ses jours heureux, mais également avec ses tragédies que nous voudrions ne jamais avoir croisées. Jusqu’à la nuit suprême de Marie, quand son Fils est cloué au bois de la croix.
Marie « se tenait »
Les Évangiles sont laconiques et extrêmement discrets. Ils enregistrent par un simple verbe la présence de la mère : elle « se tenait » (Jn 19,25). Ils ne disent rien de sa réaction : si elle pleurait, si elle ne pleurait pas… rien ; pas même une esquisse de description de sa douleur. L’imagination de poètes et de peintres allait ensuite se déverser sur ces détails, nous offrant des images qui sont entrées dans l’histoire de l’art et de la littérature. Marie « se tenait » dans l’obscurité la plus épaisse. Elle n’est pas partie. Marie est là, fidèlement présente, chaque fois qu’il faut tenir une bougie allumée dans un lieu de brume et de brouillard. Connaissait-elle le destin de résurrection que son Fils ouvrait à cet instant pour tous les hommes ?
Marie, une mère fidèle
Nous la retrouvons au premier jour de l’Église, elle, mère d’espérance, au milieu de cette communauté de disciples si fragiles : l’un avait renié, de nombreux autres avaient fui, tous avaient eu peur (cf. Ac 1, 14). Mais elle se tenait simplement là, de la façon la plus normale, comme si c’était une chose entièrement naturelle : dans la première Église enveloppée par la lumière de la Résurrection, mais également par les tremblements des premiers pas qu’elle devait accomplir dans le monde.
Pour cela, nous l’aimons tous comme une mère. Nous ne sommes pas orphelins : nous avons une mère au ciel, qui est la Sainte mère de Dieu. Afin qu’elle nous enseigne la vertu de l’attente, même quand tout apparaît privé de sens. Elle est confiante dans le mystère de Dieu, même quand il semble s’éclipser à cause du mal du monde. Et dans la lumière de son Assomption, et dans notre fidélité à prier avec elle par le chapelet, elle nous communique cette espérance confiante en Jésus ressuscité et victorieux :
« C’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort, car il a tout mis sous ses pieds ». (1 Co 15,26- 27)
1 Inspiré de l’audience générale du pape François du 10 mai 2017.
