Pour bien vivre le sacrement de réconciliation

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S’améliorer soi-même ? Nous ne pouvons pas adhérer aux perspectives de « développement personnel ». Par le sacrement de réconciliation, nous sommes en recherche de la miséricorde de Dieu, qui seul peut nous sanctifier.

> Annexe : L’âne au fond du puits, ou la confession version sécularisée… (anonyme)

> Annexe : Les effets pervers de l’ennéagramme et des techniques psychologues (Mitchell Pacwa)

1. La préparation d’une rencontre

Savoir que c’est une démarche difficile« Entrez par la porte étroite. Large, en, effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent » (Mt 7,13-14).Et donc en demander humblement la grâce.
Accueillir la conviction d’une démarche nécessaireNous écoutons l’appel de l’Esprit en nous ; il nous a montré que nous en avions besoin.Mc 10, 46-52. L’aveugle de Jéricho : il y a ceux qui dissuadent et ceux qui encouragent.Ne pas différer. Venir régulièrement. Douter de nos doutes et croire sa foi.Nous savons bien qu’autour de cette démarche se joue un combat spirituel ; nous constatons que nous avons des semelles de plomb… Pourtant, plus nous désirons le pardon, plus il nous comblera.
Prendre le temps de la préparationPrendre un temps de prière et se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu (ouvrir son Évangile, sa Bible). Il s’agit moins de commencer par faire un « examen de conscience », que de demander au Seigneur de nous donner une Parole qui nous dise son Amour et qui nous montre notre péché. À nous de la discerner. Et ensuite de la laisser faire son œuvre en nous pendant quelque temps en y confrontant notre vie.

2. L’Aveu de mon péché

Avoir conscience d’être endetté Lc 7, 36-50 La pécheresse et le Pharisien. Lequel des deux l’aimera le plus ? Chez lequel des deux le pardon peut-il vraiment porter du fruit ?
Laisse-toi regarder par le Christ, car il t’aime Lc 19, 1-10. Jésus rencontre Zachée. Le regard de Jésus, où passent à la fois l’accueil du pécheur et le pardon du Seigneur est déterminant pour décider Zachée à accueillir Jésus chez lui.
Participer à la confession du Fils Lc 23, 34. « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font ». Il a déjà confessé notre péché, et nous a innocentés auprès du Père. L’exemple du pardon au brigand crucifié nous montre le St de Réc. comme participation à la confession du Fils.

> La grande confession du Fils (A. Von Speyr)

Avoir conscience de l’offense faite à DieuL’aveu est celui de l’offense faite à l’amour de Dieu par mon péché et non pas celui de mes défautsL’aveu s’adresse au Père : « pardonne-moi de t’avoir offensé ».  > Objets inutilesOn vient d’abord pour demander pardon à Dieu de l’avoir offensé par nos pensées, nos paroles, nos conduites, nos lâchetés, et d’avoir ainsi dévié de notre itinéraire de recherche de la sainteté.
Vivre l’aveu dans la prière. Avec le prêtre. De par la disposition des lieux.

3. L’Absolution du Père

La joie de Dieu à pardonnerNous avons, à cause des paroles de Jésus, la certitude de la joie du cœur de Dieu à pardonner.Lc 15,4-7. Jésus a voulu nous transmettre ce message à travers les 3 paraboles redonnées par Luc 15, et par toute son attitude où il n’a cessé d’aller à la recherche des pécheurs pour avoir la joie de leur retour. Aussi l’attitude spirituelle juste nous propulse dans les bras du Père miséricordieux.
L’œuvre de rémission des péchés est aussi guérisonVoici quatre dimensions importantes (parmi d’autres) dans l’œuvre de rémission des péchés :

* le pardon des offenses faites à Dieu : l’Esprit purifie

* la guérison de nos blessures intérieures, de nos maladies spirituelles

* la régénération de l’exercice notre grâce baptismale : prêtre, prophète, roi

> Annexe : Eucharistie et réconciliation

* l’équipement de force de l’Esprit Saint pour lutter dans le combat spirituel

> Annexe : L’absolution prend place sur la croix (A. von Speyr

Demander la guérison intérieure et spirituelleComme l’aveugle qui crie littéralement vers Jésus.Le sacrement de réconciliation rouvre en nous les sources de l’Amour. Il nous rend spirituellement forts.
Un ministère du prêtre dans l’Esprit SaintIl a transmis le ministère de la grâce à ses disciples : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20, 23). La place du prêtre est voulue par le Christ

> Annexe : Le Christ ne veut rien pardonner sans l’Église

4. La conversion de ma vie

Vivre une démarche de conversion pour une plus grande saintetéLc 19,1-10. Jésus rencontre Zachée. Nous y retrouvons les trois temps du sacrement.

* La démarche : Zachée monte sur son sycomore.

* Le regard de Jésus, où passent à la fois l’aveu du péché et le pardon du Seigneur.

* La conversion, une fois Jésus accueilli à la maison. De même devons-nous vivre cette rencontre sacramentelle comme une amorce de conversion. Et reprendre la marche sur le chemin de la sainteté…

Rechercher la sainteté de l’Église Mt 18, 15-20. Veiller à la sainteté de la communauté. L’accueil du pardon doit être suivi d’une recherche de sainteté plus grande, à travers un travail de conversion, au bénéfice du Corps tout entier, l’Église. La Parole de Dieu que l’on a reçue et choisie peut nous orienter. Un dialogue avec le confesseur également.

ANNEXES

> L’ÂNE AU FOND DU PUITS, OU LA CONFESSION VERSION SÉCULARISÉE… (anonyme) Un jour, l’âne d’un fermier est tombé dans un puits. L’animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire. Finalement, il a décidé que l’animal était vieux et le puis devait disparaître de toute façon, ce n’était pas rentable pour lui de récupérer l’âne. Il a invité tous ses voisins à venir et à l’aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer l’âne dans le puits. Au début, l’âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement. Puis à la stupéfaction de chacun, il s’est tu. Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu’il a vu. Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus. Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l’animal, il se secouait et montait dessus. Bientôt, chacun a été stupéfié que l’âne soit hors du puits et se mit à trotter ! La vie va essayer de t’engloutir de toutes sortes d’ordures. Le truc pour se sortir du trou est de se secouer pour avancer. Chacun de tes ennuis est une pierre qui permet de progresser. Nous pouvons sortir des puits les plus profonds en n’arrêtant jamais. Il ne faut jamais abandonner ! Secoue-toi et fonce ! Rappelle-toi, les cinq règles simples ! À ne jamais oublier, surtout dans les moments les plus sombres. Pour être heureux/heureuse : 1. Libère ton cœur de la haine. 2. Libère ton esprit des inquiétudes. 3. Vis simplement. 4. Donne plus. 5. Attends moins. Merci d’être là… Ce texte m’a été envoyé, je l’ai trouvé beau, je n’ai pas pu le garder pour moi et j’ai voulu le partager à mon tour avec toi. J’espère que tu feras pareillement.

> DIS-MOI QUI JE SUIS, Ô ENNÉAGRAMME… (Mitchell Pacwa, s.j.) http://pncds72.free.fr/902_enneagramme/902_4_pacwa_enneagramme.pdfUne autre erreur théologique découle de celle-ci, à savoir : les hommes peuvent annuler les effets de ce prétendu péché originel, la fixation originale de l’ego, au moyen de Gurdjieff, d’Ichazo, ou de quelque d’autre « travail » spirituel. Certes, les gens peuvent obtenir de l’aide des autres pour surmonter les problèmes psychologiques, et ils devraient chercher la sagesse et les conseils de solides psychologues chrétiens lorsqu’ils ont besoin de ce type d’aide. Cependant, ce « travail » ne peut jamais être l’élimination du péché originel, ou de tout autre péché, pour cette raison : seule la mort rédemptrice sur la Croix de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, peut retirer notre péché. C’est un don gratuit de la grâce de Dieu qu’aucun homme ne peut gagner ou mériter. Nous acceptons cette grâce de la miséricorde de Dieu, et nous lui en rendons grâce, à lui qui est lui-même son cadeau pour nous. N’importe quelle suppression des effets du péché — le résidu psychologique ou les ramifications de péché — peut être produite par une aide psychologique ainsi que d’autres aides, telles que la charité vis-à-vis des pauvres, l’annonce de l’Évangile, et ainsi de suite.En outre, le prophète Isaïe a écrit que la sagesse, l’intelligence et le conseil sont des dons de l’Esprit Saint (Isaïe 11, 2), alors nous devrions chercher de l’aide psychologique de chrétiens bénis par ces cadeaux. Le chrétien doit savoir et proclamer au monde que même les techniques psychologiques exigent la grâce de Dieu, si elles veulent être efficaces pour éliminer les effets de notre péché. Tant le pardon de nos péchés que l’élimination de leurs effets exigent grâce imméritée de Dieu dans nos vies.

> LA GRANDE CONFESSION DU FILS Adrienne Von Speyr, Parole de la Croix et Sacrement, Ed. Lethielleux, 1979, pp. 23-30.Il exprime une demande. Ce n’est pas une opinion, mais la connaissance parfaite des hommes, qu’il a acquise au long des trente-trois années de son existence. Il a vécu au milieu d’eux et partagé leur vie quotidienne ; il les connaît exactement tels qu’ils sont. Mais pendant tout ce temps, il a aussi eu l’occasion de les regarder dans l’amour qu’il leur porte et, à l’intérieur de cet amour, il a pu juger de leur valeur. Il sait comment ils sont. Ils ne sont pas comme lui. Ce sont des êtres ayant constamment besoin d’aide et d’encouragement, qui, sans l’indulgence de Dieu, ne pourraient que périr ; ils sont totalement livrés à la miséricorde divine. Pas assez forts pour implorer d’eux-mêmes cette miséricorde, ils ne sont même pas assez perspicaces pour en comprendre la nécessité. Ils oublient Dieu. Ils oublient le Fils qui vit avec eux. Il n’y a qu’eux-mêmes qu’ils n’oublient pas. Mais l’image qu’ils se font d’eux-mêmes est défigurée par le péché. La connaissance authentique d’eux-mêmes leur échappe. Et dans cet état, ils continuent d’agir ; mais incapables d’accorder ce qu’ils savent à ce qu’ils font, ils agissent de manière indécise, ignorante, irresponsable. Ils ne peuvent comprendre la portée de leurs actes, ils agissent simplement pour agir, en présence du Fils, contre le Fils. Et celui-ci sait bien qu’ils ne pourront être tenus pour pleinement responsables ; aussi en tire-t-il les conséquences : il assume lui-même la responsabilité. Non pas qu’il veuille les abandonner à eux-mêmes ; au contraire, il les confie au Père, à sa miséricorde. C’est pour obtenir ce pardon qu’il adresse au Père sa première prière sur la croix.C’est la grande confession : le Fils la fait au nom de l’humanité, en se mettant à sa place. Il assume entièrement la responsabilité ; en d’autres termes, il prend sur lui toute la faute. Quand il excuse les hommes et voile leur faute aux yeux du Père, il la rend manifeste en lui-même. Certes, ce qu’ils ont fait de mal ne peut rester caché au Père. Mais dans ce qui en résulte, le Père ne verra pas le péché des hommes, mais la Passion du Fils. Cette Passion, il est vrai, lui fera mesurer l’énormité de l’offense et même, dans certaines phases de la Passion, il pourra reconnaître tel ou tel péché particulier. Mais même si les péchés sont ainsi manifestés, ils ne le sont pourtant que liés à la souffrance du Fils et donc à sa volonté de disculper les hommes, de les purifier de leur faute. C’est en cela que consiste la confession du Fils.

> OBJETS INUTILES POUR LA CONFESSION (D. Auzenet) La machine à laver : on y va quand on se sent un peu sale, et l’absolution nous purifie ; bien pratique pour éviter de changer !Le couteau à légumes : l’aveu des péchés devient une séance d’épluchage ; cela risque à la longue de nous rendre scrupuleux !Le miroir : on vient parce qu’on se trouve moche à cause de nos défauts ; mieux vaut alors une glace sans tain pour voir la miséricorde de Dieu !La barre du tribunal : je m’accuse d’être comme ceci ou comme cela… Mais Jésus dit à la femme adultère : « Je ne te condamne pas, va, désormais ne pèche plus » (Jn 8, 11).

> EUCHARISTIE ET RÉCONCILIATION Jean-Paul II, Encyclique Le Rédempteur de l’Homme, 1978, n° 20Nous ne pourrons jamais oublier ces paroles de saint Paul : « Que chacun s’éprouve donc lui-même et qu’il mange de ce pain et qu’il boive de ce calice. » (1 Co 11,28). Cette exhortation de l’Apôtre indique au moins indirectement le lien étroit qui existe entre l’Eucharistie et la Pénitence. Et de fait, si la première parole de l’enseignement du Christ, si la première phrase de la « Bonne Nouvelle » de l’Évangile était : « Convertissez-vous, et croyez à l’Évangile » (métanoèiete), le sacrement de la Passion, de la Croix et de la Résurrection semble renforcer et fortifier d’une manière toute spéciale cet appel dans nos âmes. L’Eucharistie et la Pénitence deviennent ainsi, en un certain sens, deux dimensions étroitement connexes de la vie authentique selon l’esprit de l’Évangile, de la vie vraiment chrétienne. Le Christ, qui invite au banquet eucharistique, est toujours le Christ qui exhorte à la pénitence, qui répète : « Convertissez-vous ». Sans cet effort constant et toujours repris pour la conversion, la participation à l’Eucharistie serait privée de sa pleine efficacité rédemptrice ; en elle ferait défaut ou du moins se trouverait affaiblie la disponibilité particulière à offrir à Dieu le sacrifice spirituel dans laquelle s’exprime de manière essentielle et universelle notre participation au sacerdoce du Christ. Dans le Christ, en effet, le sacerdoce est uni à son propre sacrifice avec la donation qu’il fait de lui-même au Père, et cette donation, précisément parce qu’elle est illimitée, fait naître en nous, hommes sujets à de multiples limitations, le besoin de nous tourner vers Dieu d’une manière toujours plus réfléchie, grâce à une conversion constante et toujours plus profonde.

> LE CHRIST NE VEUT RIEN PARDONNER SANS L’ÉGLISE

* L’Église ne peut rien pardonner sans le Christ, et le Christ ne veut rien pardonner sans l’Église. L’Église ne peut rien pardonner sinon à celui qui se convertit, c’est-à-dire à celui que le Christ a d’abord touché. Le Christ ne veut pas accorder son pardon à celui qui méprise l’Église. Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare donc pas. Ce mystère est grand, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église. Garde-toi bien de séparer la tête du corps ; n’empêche pas le Christ d’exister tout entier ; car le Christ n’existe nulle part tout entier sans l’Église, ni l’Église sans le Christ. Le Christ total, intégral, c’est la tête et le corps. C’est lui qui dit : Personne ne monte au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est au ciel. C’est seulement cet homme-là qui pardonne les péchés.(Sermon d’Isaac de l’Étoile, XII° s, Liturgie des Heures, vend. de la 23° sem.)

* Le pécheur qui veut se réconcilier avec Dieu ne peut le faire selon sa propre idée : il a à s’en tenir aux formes ecclésiales instituées par le Seigneur. Une partie déterminée du cadre ecclésial est formée par l’absolution du péché, et le pécheur, aussi bien que l’Église, doivent s’y conformer. Il se pourrait qu’un pécheur soit convaincu qu’il doit se confesser dans l’Église, mais l’absolution ne serait pour lui qu’une affaire personnelle entre le Seigneur et lui, qui comme par accident s’effectuerait sous cette forme extérieure. Or telle n’est pas la volonté du Seigneur. Le Seigneur ne veut pas qu’on se passe du ministère et du prêtre investi de ce ministère et dispensateur de sa grâce. Il a accompli sur la croix toute la rédemption ici-bas et dans l’au-delà, dans le temps et dans l’éternité. Et pour montrer que la rédemption éternelle se passe réellement déjà ici-bas, et n’est pas uniquement « eschatologique », il en remet l’administration entre les mains de son Église terrestre. Il établit une continuité entre son action et celle de l’Église. Il pardonne lorsque le prêtre pardonne. Il ne dit pas qu’il ne pardonnera pas aussi à d’autres qu’à ceux qui se confessent. Mais lorsque le pardon est accordé par le prêtre, il l’est aussi par le Seigneur. Le prêtre donne l’absolution au nom du Seigneur. (Adrienne Von Speyr, Jean, la naissance de l’Église, t. 1, Éd. Lethielleux, 1982, p. 245)

> L’ABSOLUTION PREND PLACE SUR LA CROIX (Adrienne Von Speyr)L’absolution prend son origine dans la tâche du Fils qui est de vaincre par son amour l’opprobre du péché infligé à Dieu. C’est la tâche que le Fils veut accomplir à l’égard du Père. Il veut en effet que le Père puisse pardonner l’opprobre, en considérant l’amour plus grand que l’opprobre. Le péché doit être purement et simplement absorbé dans la grandeur de l’amour. Et le Fils est le seul à posséder un tel amour. C’est pourquoi il se livre au monde. Le résultat de ce don de lui-même, c’est l’absolution dans la confession. […] Car le Fils veut lui rapporter non seulement son propre amour, mais aussi inconditionnellement notre amour à nous qui est inclus en lui. Sinon l’amour du monde resterait tout extérieur au sien. Le Seigneur doit par conséquent donner à son amour la forme de l’amour humain, l’implanter dans le cœur humain, pour qu’il s’épanouisse. L’origine de l’absolution se trouve donc au ciel, là où le Fils se charge de l’opprobre du monde. Elle prend place sur la croix où le Seigneur expie l’opprobre, pour être transmise au prêtre qui, ensemble avec le Seigneur, constate le péché et le pardonne, pour être transmise finalement au pécheur lui-même, qui doit la reconnaître dans la confession. Car le pécheur comprend que lui-même, avec toute sa contrition et ses bonnes œuvres, ne peut faire que son péché ne soit pas arrivé. Son seul salut, c’est l’amour du Seigneur, amour que celui-ci met à sa disposition, mais seulement par la médiation d’un autre amour. Il veut communiquer son amour divin uniquement sous la forme et dans le vase d’un amour humain. Cet amour humain, chez le prêtre, n’est pas un mouvement purement humain : il ne pardonne pas parce qu’il a lui-même péché comme le pénitent ; il pardonne parce qu’en lui, c’est le Seigneur, et dans le Seigneur, le Père qui pardonne. L’unique raison que l’amour du prêtre puisse atteindre cette pureté, c’est qu’il n’est pas le sien, mais l’amour du Seigneur en lui. Par là se ferme le cercle qui unit amour et ministère. (id. p. 246).

D. Auzenet