Didier RANCE, historien, diacre permanent, vice-président honoraire de l’Association francophone des Amis de Newman. Auteur de John-Henry Newman, maître et guide spirituel (DDB)
C’est demain que le cardinal britannique saint John Henry Newman (1801-1890) deviendra officiellement le 38e Docteur de l’Eglise, par voix du pape Léon XIV. Le Ciel prévoit même une création de poste puisque le théologien va assister saint Thomas d’Aquin dans sa mission éducative. Fils d’un banquier de la City qui fera plusieurs fois faillite, John Henry Newman est une personnalité douée qui, dès l’âge de 7 ans, se met à écrire des poèmes, des pièces de théâtre, un opéra-comique et aussi deux journaux d’école. Mais de l’eau coulera sous la Tamise avant qu’il devienne catholique en 1845 à l’âge de 44 ans, après être passé par l’anglicanisme et l’évangélisme. Sa vie sera mouvementée, à l’intérieur comme à l’extérieur, ponctuée de crises spirituelles et jalonnée de controverses avec le monde et aussi avec l’Église. John-Henry Newman va déployer sa pensée dans la littérature et exercer une influence sur ces auteurs anglais à la fois si baroques et profonds, comme Chesterton et Tolkien. Il était persuadé que Dieu lui avait confié une mission pour son temps qui est, à bien des égard, est aussi le nôtre. Promouvant l’engagement des laïcs dans une société sécularisée, le cardinal Newman peut être considéré comme un précurseur du concile Vatican II.
John Henry Newman (1801-1890), béatifié en 2010, canonisé en 2019 et qu’il est question de proclamer docteur de l’Église « appartient en vérité au nombre des grands maîtres de l’Église car il touche notre coeur et illumine notre intelligence » (pape Benoît XVI). Son apport sur la conscience, le développement du dogme ou le rôle des laïcs en fait une des grandes voix chrétiennes pour notre époque. Habité par la conviction que Dieu lui avait confié une mission pour son temps et pour le nôtre, il fut et demeure d’abord un maître et un guide spirituel.
C’est bien en effet la foi vivante de Newman que Didier Rance a choisi de mettre ici en lumière. Dans sa prédication, sa pratique de l’accompagnement spirituel ou sa conception de l’appel de tous à la sainteté, mais aussi dans ses lettres, ses écrits, les témoignages de dirigés, la confrontation avec Nietzsche, ou le dialogue engagé avec des penseurs qu’il a influencés, tels Chesterton ou Tolkien, entre autres, il n’a cessé de rappeler que Dieu est « le plus réel de la réalité ».
Newman, au-delà de la richesse de sa pensée, de l’étendue autant que de la diversité de son influence, engage l’Église à servir avec courage la vérité qu’est Jésus Christ et à en témoigner par une vie de charité.

Historien de formation, auteur de plus de trente-cinq ouvrages, Didier Rance, diacre permanent, s’est engagé pendant près de trente ans au service des chrétiens persécutés à l’Aide à l’Église en détresse (AED) dont il a été le directeur national. Il a été également vice-président de l’Association francophone des Amis de Newman (AFAN).
