5è D TP C — (Jn 13,31-33a.34-35). Le parcours dominical du temps pascal est riche. Ainsi, après l’expérience pascale de M.-Madeleine (Pierre et Jean), « j’ai vu le Seigneur » (1°D), après la définition de l’acte de foi en la Résurrection avec Thomas, « croire sans avoir vu » (2° D), après une manifestation du Ressuscité, surabondance et l’universelle, plaçant Pierre dans sa mission de pasteur du troupeau (3° D), après le rappel que Jésus est le bon Pasteur qui donne la vie éternelle à ses brebis et les protège (4° D), voici que Jésus nous laisse en testament ce commandement de vie : la charité mutuelle. Elle s’enracine dans le don de sa vie, dans l’eucharistie.
Le mal ne prévaudra pas
La mention de la sortie de Judas rappelle la présence des ténèbres, ce lieu hostile au plan de Dieu et à la manifestation de son amour. Pourtant, c’est bien au cœur du drame et des ténèbres, entre la trahison de Judas et l’annonce du reniement de Pierre, que Jésus manifeste sa glorification. L’évangéliste affirme ainsi que l’abandon des disciples et le drame de la croix, ne sont en rien un signe de la désertion de Dieu. Au contraire, il souligne ici la pleine solidarité du Père au cœur des épreuves du Fils. « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt » (13,31-32). Il exprime sa certitude de parvenir bientôt à la résurrection.
Comme je vous ai aimés
Dans ce contexte, le commandement de l’amour mutuel donné par Jésus est ainsi associé à la Passion. Autrement dit, cet amour mutuel ne peut se comprendre qu’à la lumière de la Passion. L’amour prend le visage du Christ crucifié et glorifié par le Père, et nous sommes invités à vivre de ce don. La Passion devient le lieu central de la révélation, mais également la source de la vie ecclésiale. Par ce commandement, Jésus définit la vie ecclésiale comme un véritable témoignage de foi : « tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres »(13,35). Cet amour mutuel façonne la communauté des disciples ; elle devient un témoignage vivant de l’Évangile.
Il nous faut passer par bien des épreuves
Ne rêvons pas, cette charité vécue dans le don de sa vie est difficile et onéreuse. « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu » (Ac 14, 22). Mais l’histoire humaine est en marche vers son accomplissement. Notre perspective est celle de l’espérance, comme nous y invite l’année jubilaire :
| « Nous, en vertu de l’espérance dans laquelle nous avons été sauvés, en regardant le temps qui passe, nous avons la certitude que l’histoire de l’humanité, et celle de chacun, ne se dirige pas vers une impasse ou un abîme obscur, mais qu’elle s’oriente vers la rencontre avec le Seigneur de gloire. Vivons donc dans l’attente de son retour et dans l’espérance de vivre pour toujours en Lui. C’est dans cet esprit que nous faisons nôtre l’émouvante invocation des premiers chrétiens, par laquelle se termine l’Écriture Sainte : « Viens, Seigneur Jésus ! » ( Ap 22, 201). |
J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle
Ce que l’humanité attend, sans toujours le savoir, c’est l’accomplissement de ce grand projet que Dieu forme depuis la création du monde : instaurer avec l’humanité une Alliance sans ombre, un dialogue d’amour. Le thème des noces de Dieu avec l’humanité est très présent dans la Bible. On réentend cette promesse dans la finale de l’Apocalypse (2è lecture) sous deux formes : d’abord, dans l’image de la Jérusalem nouvelle, « toute prête, comme une fiancée parée pour son époux » ; et ensuite dans l’expression « Dieu avec eux » : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, Dieu lui-même sera avec eux ».
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande (Jn 15,12-14)
1 Pape François, Spes non confundit, n° 19.
