(7è D. Pâques A — Jn 17,1-11) — Écouter l’homélie
La liturgie de ce dimanche nous donne à contempler la prière des apôtres après l’Ascension, dans l’attente de la venue de l’Esprit (1è L.). Mais aussi la prière de Jésus avant sa passion : alos qu’il retourne au Père, il demande sa glorification et prie pour ses disciples qui vont rester dans le monde.
Une prière pour attendre l’Esprit
– Avant de partir en mission, les Apôtres attendent selon la demande expresse de Jésus. « Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » (Ac 1,4- 5).
– Ils attendent celui qui va propulser l’évangélisation jusqu’aux extrémités du monde. « On peut dire que l’Esprit Saint est l’agent principal de l’évangélisation » (Paul VI, E.N. n° 75). Les Apôtres prient d’un seul cœur, dans l’unité d’une même démarche, pendant dix jours : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères ». Marie,comblée de l’Esprit, nous apprend à l’accueillir.
→ Et nous ? Dans ces jours situés entre l’Ascension de Jésus et la fête de la Pentecôte, nous pouvons appeler sur nous-mêmes et nos communautés le don de l’Esprit Saint dont nous avons tant besoin pour évangéliser. Mais nous devrions aussi faire un retour sur nous-mêmes concernant les œuvres que nous vivons : avons-nous « attendu », pour nous mettre au diapason du cœur de Dieu, et pour recevoir la force d’en-haut ?
Une prière d’audace et d’abandon au Père : glorifie-moi
Jésus achève intégralement la mission que le Père lui avait confiée : « Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (v. 4). Le Christ, durant toute sa vie terrestre, n’a cherché qu’à accomplir la volonté du Père, dans une totale obéissance et une complète union. Mais, après avoir ainsi glorifié le Père, il demande à être glorifié lui-même : « Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde n’existe » (v. 5). Il ne veut pas la gloire comme récompense de sa mission accomplie, mais seulement aller jusqu’au bout de la Révélation par sa libre acceptation de la mort sur la croix et retourner, ainsi, auprès du Père. Jésus demande maintenant que cette gloire soit pleinement manifestée à travers son obéissance jusqu’à la mort, et sa résurrection.
→ Seul le Fils peut s’adresser au Père avec une telle autorité filiale. Il ira même, en cette prière du ch 17, jusqu’à dire : « Père je veux que là où je suis ils soient eux aussi… » (v. 24). Quel est notre niveau d’audace dans la prière ? « Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire » (Rm 8,17).
Une prière d’intercession pour la fidélité de l’Église
Jésus, au début de son ministère, a appelé à ses côtés les hommes que le Père lui a donnés, en les choisissant du milieu du monde. Il les conduit graduellement des ténèbres à sa lumière, pour faire d’eux ses « amis » par une profonde expérience personnelle et une intime familiarité (cf. Jn 1, 35-51 ; 8, 12 ; 9, 5 ; 15, 15). C’est pourquoi il peut dire : « J’ai manifesté ton Nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde » (v. 6). Ce Nom, c’est celui de Père. Pas seulement le Père de Jésus, mais aussi le Père de chacun de nous, de chacun des hommes. « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » disait Jésus à Marie-Madeleine (Jn 20,17). Ce Nom de Père est vraiment celui de l’Alliance nouvelle et éternelle ; il vient approfondir le Nom donné à Moïse lors de la première alliance (Yahvé, Je suis qui je suis, je suis qui je serai, Ex 3, 13-14). Il est capital que les disciples tout au long de l’histoire soient fidèles à cette révélation de Dieu–Père Père, un Père qui engendre des fils dans son propre Fils.
→ Un exemple actuel du combat pour cette fidélité s’exprime dans le bras de fer entre le dieu guerrier israélo-américain, et la paix désarmée et désarmante, la paix du Fils du Père, offerte par Léon XIV.
La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ (Jn 17,3).
Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous (1 P 4,14, 2è L).
