L’«homme-dieu» contemporain persiste dans le «géocide»

Extraits du message du Patriarche Bartholomée pour la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création (1er sept. 2026)

Nous sommes certains que la mise en lumière des dimensions religieuses et morales de la menace écologique conduira à la prise de conscience de l’importance fondamentale que revêt la «responsabilité écologique».

L’homme doit cesser d’agir en feignant l’ignorance et abandonner définitivement l’illusion selon laquelle la planète Terre pourrait, indéfiniment, supporter et surmonter les dégradations et les destructions provoquées par l’homme, comme si la nature avait, par elle-même, le pouvoir de se renouveler sans limites.

L’éthique de la responsabilité à l’égard de la protection de l’environnement naturel doit s’exprimer aux niveaux mondial, national, local et personnel. Nous le répétons une fois encore: le développement d’une responsabilité écologique constitue une « impérative catégorique » pour l’humanité, face à la plus grande menace qu’elle n’ait jamais été appelée à affronter tout au long de son histoire.

Il est évident que, sous la domination du modèle anthropologique représenté par le «riche insensé» de l’Évangile (Lc 12, 17-21), qui dit: «Je démolirai mes greniers et j’en construirai de plus grands, et j’y amasserai toute ma récolte et tous mes biens», puis: «Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi», l’humanité compromet son avenir et détruit sa propre «maison».

Les «péchés de la modernité» de l’humanité ont créé, et continuent de créer, de nouvelles divisions et de nouvelles ruptures entre l’homme et la nature. L’«homme-dieu» contemporain persiste dans le «géocide»; il méconnaît toute mesure et toute limite au nom de stratégies géopolitiques et d’intérêts économiques, du consumérisme et de la satisfaction de besoins essentiellement insatiables, mais aussi, plus profondément, en raison de bouleversements intérieurs, existentiels et axiologiques. Les conséquences d’une domination mondiale de la volonté de manipuler, d’instrumentaliser et d’exploiter la nature seront tragiques pour la vie sur notre planète.