Taybeh, la survie du dernier village chrétien de Cisjordanie occupée

Les attaques des colons israéliens contre les Palestiniens sont en constante augmentation à Taybeh alors que l’armée israélienne resserre l’étau sur les Palestiniens en compliquant les déplacements et en les enfermant dans des ghettos. Témoignages d’un habitant et du curé de la paroisse catholique de Taybeh qui redoute l’exil des familles de ce village de 1500 habitants.

Par Luc Balbont, pour cath.ch

Citoyen de Taybeh, âgé de 33 ans, Fouad Muaddi, palestinien de père et colombien par sa mère, a étudié à l’université de Bordeaux. Assistant de l’ambassadeur Equatorien, le jeune homme se rend chaque jour de Taybeh à Ramallah, où se trouve son lieu de travail: un vrai parcours du combattantDix-huit kilomètres interminables et angoissants. Aux check points de l’armée israélienne, les attentes sont interminables et les autorisations de passage indécises. Un véritable apartheid routier: voies délabrées coupées de sombres tunnels pour les véhicules palestiniens. Routes à ciel ouvert et en bon état pour les Israéliens.

Fouad parle cinq langues: l’arabe, sa langue maternelle, l’espagnol la langue de sa mère, le français, l’anglais et l’italien. Durant ce parcours matinal qui ouvre sa journée, le garçon se demande constamment s’il arrivera à bon port. L’épreuve est quotidienne.

Fouad Muaddi témoigne de la pression de l’armée israélienne à chaque déplacement entre Taybeh et Ramallahh où il travaille | DR

En Cisjordanie, que les Israéliens nomment la Judée-Samarie, la stratégie israélienne consiste à confiner les Palestiniens, à les réduire à survivre dans des espaces de plus en plus étroits, en les forçant au silence et à l’inaction, pour au final, les obliger à quitter leurs maisons par eux-mêmes, et délaisser leurs terres sans espoir de retour.  

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