2è D Avent A — (Mt 3,1-12)
Chemin d’Avent. Second électrochoc pour nous préparer à célébrer la nativité, ou plutôt à accueillir Jésus qui vient. L’évangile selon saint Matthieu s’ouvre sur la figure du Baptiste
Jean, le dernier des prophètes
Indépendamment du récit sur l’enfance de Jésus (Mt 1-2), ajouté postérieurement, l’évangile selon saint Matthieu s’ouvre sur la personne du Baptiste qui remplit tout le chapitre 3. Il proclame une parole de conversion, donne un baptême d’eau, secoue pharisiens et sadducéens en les traitant d’engeance de vipères, et annonce un baptême dans l’Esprit Saint et le feu donné par un Messie juge qui vient « derrière » lui, c’est-à-dire immédiatement à sa suite. De fait, à la fin du chapitre, il donne le baptême d’eau à Jésus après une tractation toute orientale. Le chapitre commence par l’annonce du royaume des Cieux tout proche, exigeant une conversion, et s’achève (‘Alors paraît Jésus’) sur les cieux ouverts d’où descend l’Esprit Saint accompagné de la voix du Père… scène que nous reprendrons pendant le temps de Noël.
Jean, le précurseur
Jean-Baptiste « paraît » dans sa mission de prophète. C’est comme une entrée en scène, où J-B accomplit l’annonce d’Isaïe : « Préparez le chemin du Seigneur »… Issu du désert, il porte toutes les marques prophétiques : vêtement, ceinture, ascèse, nourriture, parole rugueuse qui vient unir les contraires :
– sauterelles : dureté de Jean-Baptiste, il annonce la colère qui vient. Son appel à la conversion prépare au Jugement. Sa perception du Messie est celui d’un Juge qui va faire le tri à partir des actes ;
– miel : douceur de la réalisation par Jésus. À ce point que plus tard, de sa prison, il fera poser à Jésus la question : « es-tu celui doit venir ? » (Mt 11, 1-15). Car le baptême d’Esprit et de feu révèle la miséricorde…
Jean, le baptême d’eau
Jean-Baptiste concrétise sa prédication en accomplissant un acte qui scelle l’engagement à la conversion et au retour à l’Alliance : le baptême d’eau. Dans le judaïsme, les ablutions rituelles étaient nombreuses et les gens s’aspergeaient eux-mêmes à chaque fois qu’ils souhaitaient entrer en communion avec le Dieu saint. Le prophète l’utilise ici pour signifier qu’un converti a été purifié de tout ce qui l’empêchait de vivre dans l’Alliance. Mais Jean, reconnaissant qu’il est seulement humain, sait qu’il est incapable d’enflammer le coeur de l’homme. Seul le Messie, l’homme-Dieu, peut effectuer un baptême efficace capable de transmettre l’Esprit Saint qui embrasera l’esprit des personnes.
Et le Messie baptise dans l’Esprit Saint
Avec justesse, la liturgie nous fournit en contrepoint (Is 11,1-10) la prophétie du « rameau sorti de la souche de Jessé ». « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur, esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur qui lui inspirera la crainte du Seigneur ». À l’époque d’Isaïe, parler de « crainte de Dieu », c’est signifier une attitude filiale, faite de confiance et de respect. Le roi-messie, quand il viendra, se conduira envers Dieu comme un fils, c’est-à-dire qu’il gouvernera son peuple comme Dieu le veut. Plus encore, il est le Fils qui vient partager sans mesure l’Esprit divin à ceux dont il partage la condition. C’est bien cela que Jean vient annoncer : « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (v.11).
« Je choisi tout » disait Thérèse
« Tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que nous ayons l’espérance » affirme Paul (Rm 15, 4). Être convaincu que l’Écriture n’a qu’un but, celui de nous instruire, qu’elle est pour nous source d’espérance, c’est la meilleure clé pour l’aborder. À partir du moment où nous ouvrons la Bible avec cet a priori positif, les textes s’éclairent. Pour le dire autrement, l’Écriture est toujours Bonne Nouvelle. Même si elle nous livre quelquefois un message plein d’aspérités et de rudesses : « Il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas ». Jésus en fait la remarque lui-même dans devant les foules, la sagesse divine revêt des aspects qui semblent contradictoires (Mt 11,19)
C’est la seconde exhortation de l’Avent : pour accueillir Jésus, convertissez-vous !
